jeudi 10 janvier 2019

DIX MOI - 3. Chl'onme déssaqué ed p'us lon

L'homme tiré de plus loin
https://christian-edzire-dequesnes.bandcamp.com/album/ch-s-clichures


3. - Pourquoi également votre engagement pour le patois douaisien ? En mémoire de vos parents ? De vos origines ? De votre enfance ? Pourquoi vouloir absolument compléter votre prénom par Edziré ? 

Dans mon esprit, il ne s'agit pas d'un engagement pour le patois douaisien, je préfère dire une implication pour vivre ce qu'il reste à vivre ; pour faire respirer aussi encore le picard, ce qui reste du picard. Pour premier point en ce qu'il convient pour moi de répondre à cette question, c'est (re)dire que presque tous les "anciens" dialectes, plus parlés qu'écris d'ailleurs, populaires et que l'on nomme patois (si c'est pas toi, c'est donc ton frère ! Non ?), au nord de la France, en Picardie, dans l'Oise, dans l'Aisne, le Nord/Pas-de-Calais, tout ce territoire que l'on a affublé de l'étiquette "Haut-de-France", la matrice linguistique et historique des Parlaches [utilisons ce nom plutôt que patois] de cette région c'est du picard ! Le picard que l'on trouve aussi en Belgique dés que l'on franchi la frontière, d'ailleurs des panneaux en Belgique dés que l'on rentre dans cette zone accueille l'étranger, avec écris dessus : Bienvenue en Wallonie-Picarde... Le wallon et le picard sont vraiment des langues avec de très, mais très grandes similitudes. Bref ! Donc j'aime aussi écrire, chanter et raconter des histoires dans cette langue maternelle, des terres où je suis né, sur lesquelles j'ai grandi, c'est mes origines. Je suis issu du milieu populaire des mines du Nord de la France, mon père a été ouvrier toute sa vie professionnelle et il utilisait plein de mots et d'expressions en patois du Nord de la France, CELA m'améne d'ailleurs à cet Edziré, ce troisième prénom picard auquel je tiens beaucoup, je le dois à mon père. Avant ma naissance mes parents avaient choisi deux prénoms pour moi, Christian & Jacques, mais lorsque mon père a déclaré à Douai ma naissance à l'état civil, il a déclaré Christian Jacques Désiré et finalement il a bien fait. Je suis très attaché à mon père, à mes racines et je ne suis qu'un homme qui vient de plus loin, plus juste est de dire tiré de plus loin, Chl'onme déssaqué ed pu's lon.

Deuxiéme point important. Mon écriture picarde est un picard qui n'est pas spécifiquement douaisien car ce que j'aime c'est utilisé cette matière en me la réappropriant, en la réinventant en somme, avec notamment avec du vocabulaire de tous les Parlaches de ce patrimoine et territoire linguistique qui est quasiment perdu, pourtant il est d'une richesse incroyable ! Rien que pour Douai et ses environs, il y a deux auteurs important Louis-Dechristé et Théophile Denis (j'ai rédigé un petit livret sur Théophile Denis) que tout le monde a oublié ! Bref, je ne vais pas faire ici un cours sur ce sujet du picard et la France mais tout de même conclure je tiens à conclure en rappelant qu'énormément des plus grands auteurs de la littérature du moyen-âge, des trouvères,  Froissard, Adam de la Halle, Jean Bodel, Conon de Béthune, Richard de Fournival... écrivaient en picard ; c'est l'un d'entre eux Philippe de Beaumanoir qui fait du non-sens, du jeu mots une utilisation subtile qui invente de par sa préfiguration de la "technique" du Cadavre exquis si chère aux surréalistes,  puis encore il y a Hélinant de Froidmont Les vers de la mort... Tout CELA, cette matière là,  c'est du Picard et non pas du Français. En ces temps, là, il existait pour la France deux territoires linguistiques, celui des langues d'Oc du sud de la Loire à la méditerranée et celui des langues d'Oïl du Nord de la Loire à La Mer du Nord ; c'est à la Renaissance, sous François Premier et avec l'Edit de Nantes qu'il a été décidé d'"unifier", pour des raisons politiques,  la France avec une seule langue officielle alors le choix a été fait d'opter pour ce qui se parlait et s'écrivait à Paris et aux alentours en Îles de France, une langue d'Oïl au demeurant ; pour m'amuser et taquiner certains esprits, j'aime dire que le vrai français c'est le vieux picard mais les occitans peuvent dire la même chose avec leurs langues régionales occitanes, idem en Bretagne avec le breton. Bref, il existe un livre remarquable de prés de 450 pages : LA FORÊT INVISIBLE - Au nord de la littérature française : Le picard de Jacqueline Picoche, René Debrie, Pierre Ivart (Ivar ch'Vavar) et Jacques Darras, qui attestent de tout CELA ; ce qui est incroyable c'est que ouvrage publié en 1985 n'a jamais été réédité et surtout pas actualisé car depuis des documents, des nouveaux auteurs ont été retrouvés et même certains contemporains sont apparus. Vous l'aurez compris ce sujet me passionne car il ouvre des portes mentales et c'est que j'ai essayé de montrer en 1999 de par un livre, de création mais aussi de réflexion,  bilingue en picard et français Toussint Ducasses puis par la suite avec des groupes expérimentaux de blues & rock  en picard car c'est phonétiquement, comme le wallon, une langue qui sonnent mieux pour chanter que le français, afin de vous en convaincre, si nécessaire,  je vous recommande de découvrir le grand bluesman wallon Elmore D. 


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LETE À PICARDIA

Ti pi mi, el prëzinche ed ti à coté d'mi,
Come ènne noérzié !
Ch'ét djà ajouque, ènne quinte, ènne abéracion !
Cha va conte tous chés lois jographiques
Core in p'us, ch'é-t a s'ésclandé !
Foque nin a s'ésclandé...
Cha a si, point ènne rézon d'ète,
Nin, nin i:ér ! pi point-rin in-hui ! pi core point-rin dmin !
INSANNE.
I nn'a qu'ech vude i zz'a copé in deu
Por in séquant buquètes ed tènp a ète ùreu 'veucq ti !
J'el savo, qu'pu tard chl'adicion ale varot !
Brisaque in loyin, sains solucion ! à jamé !
Vlaù quoé qu'in-n ét : ènne inpossibelté !
Mé, i falot quézir
Ete ènne inpossibilité qu'ale éxisse
Ou-bin rin !
Mé rin, in n'savot même pon l'quézir
À l'vue d'chés jins qu'is ll'avot't' edja din leus goyètes
Adonc, vlaù !
Ed toute mainière ej n'àro pon du t'ravizé
Au preume wét:aje j'é visé qu'tout' i étot foutu
Infiun, j'm conprind !
El preume aviz:aje, por mi, i étot ch'ti dech déssévraje
J'aù vizé ch'débout edvaint ch'queminchmint,
Ell absinche qu'ale varot
Ch'tot in-n àrwét:aje d'amoer doreu, chaù,
Mé to't-d'mème, j'volo t'avoer pon foque pou ch'croquaje
Del peume ed capindu
Ti pi mi courir à vif', à s'déquiré, in s'àyant bramint quèr !
El momint d'ète pove ! vude ed yards (ou-bin d'doupes come is veu't' chés jins qu'is sè'te toute !)
L'momint d'ète pove i vara pu's tard !
E-pi drochi, ed tout sins, in s'in gabe !
Adonc, vlaù ! j'aù por ti el DEZIVORAJE
Mé d'in-n amoer inpossibe
Por ech réstant in vizra dmin pi core pu's tard.
Mi, ej t'dmainde rin
Mé ej prind ch'qu'ej te baye.
Ti, dmainde-mi ch'qu'in dot éxijé
D'ènne possibelté enéxistinte, impossibelté éxistinte
Qmint fère din ènne parèle istoére ?
N'y'aù foque a léché souflé ch'vint.
Pi chi ch'vint i canje ?
Ej n'aù nin l'réponche.
Mé, chi ch'vint i ramone, i lavure pi nétchie
I réstra
Edsu énne plaje
Ech graind vude (s'i fét ed maùl, ènne fo chaù prouvra qu'in-n ét toudi ach monne.°
Ech graind vude
E-pi
Enne carque
Leurde, to't d'ènne masse.
Ed l'amoer 
In morchio d'plonb qu'i teurne,
Qu'i teurne, teurne, teurne su li-mème,
Edsu ènne plaje.

Noveimbe 1997.

LETTRE À PICARDIA

Toi et moi, ta présence à côté de moi,
Comme une femme au maquillage outrageux !
C'est déjà une provocation, une farce, une aberration !
Cela va contre toutes les lois géographiques
De plus c'est encore à s'esclaffer !
Pas seulement à s'esclaffer...
Cela à aussi aucune raison d'être.
Non, rien hier ! puis rien aujourd'hui ! Puis encore rien demain !
ENSMBLE.
Il n'y a que le vide à couper en deux.
Pour quelques miettes de temps à être heureux avec toi !
Je le savais, plus tard viendrait l'addition !
Brise-tout un lien, sans solution ! à jamais !
Voilà ce que l'on est : une impossibilité !
Mais il fallait choisir
Être une impossibilité qui existe
Ou bien RIEN !
Mais rien, on ne savait même pas le choisir
À la vue de ces gens qui l'avaient déjà dans leur crachat purulent
Alors, voilà !
De toute manière je n'aurais pas du te regarder
Au premier échange de regards j'ai vu que tout était foutu
Enfin, je me comprend !
Le premier regard échangé, pour moi, était celui de la séparation
J'ai vu la fin avant le début,
L'absence qui viendra
C'était les yeux dans les yeux la vision d'un amour douloureux, cela,
Mais tout de même, je voudrais t'avoir pour plus que la bagatelle
Toi et moi courir toutes chairs ouvertes, à se déchirer, en s'aimant réellement !
Le moment d'être pauvre ! Vide de monnaie
(ou bien d'argent comme ils veulent ces gens qui savent tout !)
Le moment d'être pauvre il viendra plus tard
Et ici même, de toute manière, on s'en moque !
Alors, voilà ! J'ai pour toi ! LA FAIM QUI ME TIRAILLE LES VICERES
Mais d'un amour impossible
Pour le reste on verrat demain puis plus tard.
Moi, je ne te demande rien
Mais je prend ce que l'on doit exiger
D'une possibilité inexistante, impossibilité existante.
Comment faire dans une telle situation ?
Il n'y a seulement qu'à laisser souffler le vent.
Puis si le vent change ?
Je n'ai pas la réponse.
Mais, si le vent balaie, lessive et nettoie
Il restera
Sur une plage
Le grand vide
(si il fait mal, une fois ça prouvera que l'on est toujours vivant)
Le grand vide
Puis
Une charge
Lourde, toute d'une masse
De l'amour
Un morceau de plomb qui tourne,
Qui tourne, tourne, tourne sur lui même,
Sur une plage.

Christian-Edziré Déquesnes,
décembre 1997.



https://christian-edzire-dequesnes.bandcamp.com/album/dallaches-bleuses-bornes

https://christian-edzire-dequesnes.bandcamp.com/album/
ed-long-in-dirot-du-brun-ed-pres-chau-n-net

https://christian-edzire-dequesnes.bandcamp.com/album/ch-s-clichures

dimanche 6 janvier 2019

DIX MOI - 2. VA À LOURDE ! Tel un palindrome dans un surromantique souterrain bleu nuit à la Dostoiewski.


- Vous écrivez dans plusieurs blogs sur les musiques (blues, rock, folk, jazz...), la poésie, le mail art, et même votre chat, RAAAdaRRR, a sa propre chronique musicale complètement délirante... D'où vous vient cette "gourmandise" pour la culture populaire, la "sous-culture" ? Que représente -t-elle pour vous ? 

- J'avoue que je comprend assez mal une partie de la question et même si je perçois, je pense, le terrain sur lequel vous désirez m'emmener. Ce que je ne comprend pas dans la formulation c'est pourquoi associer culture populaire, au passage y aurait-il des cultures impopulaires ? et sous-culture (j'enlève les guillemets volontairement !) ? Si je me réfère à la sociologie contemporaine, l'anthropologie et aux études culturelles (Cultural Studies), une sous-culture — ou subculture, terme plus positif — est une culture (revendiquée, cachée, souterraine) partagée par un groupe d'individus, se différenciant ainsi des cultures plus largement dominantes (dites improprement « mainstream") auxquelles ils appartiennent ; hors le blues, le rock, le folk, le jazz, la poésie, pas le mail-art j'en conviens, RAAAdaRRR laissons le côté pour l'instant, sont bien désormais des arts populaires même si au départ ils étaient Subculturels, j'opte plutôt pour cette formulation plutôt que de dire sous-culture. Cette gourmandise, pour reprendre votre jolie expression, parce que je crois que je suis très curieux de comprendre les choses, pour ne pas ou plutôt ne plus les subir, hors pour comprendre les choses il faut y aller voir à la source et toutes les sources de vie sont sous terre ou sous quelque chose, non ? Et les sources pour moi représentent la vérité, voir les vérités. Pour faire concret un exemple : le rock, je suis rock au départ ! et je veux comprendre pourquoi alors j'y voir à la source et je découvre que Toute la musique que j'aime vient du blues puis au passage moi qui ne suis pas jazz, dés lors je découvre aussi que le jazz vient du blues, bien-sûr je me met à le comprendre  ce blues et à l'aimer aussi sous toutes ces formes et l'une des conséquences et que je me met aussi à comprendre, aimer et écouter du jazz puisque  des portes se sont ouvertes. Comme je suis tellement ouvert et curieux que je veux savoir en corps car j'ai soif et que je veux connaître les origines du blues, j'en arrive à la source musicale africaine des peuples noirs immigrés des Amériques mais aussi au folk des autres immigrés des peuples blancs européens et à leurs Musiques folkloriques notamment celles des irlandais, plus particulièrement aux superbes mélodies de leurs chansons traditionnelles puis ce qui est fort c'est que je découvre que lorsqu'ils avaient la nostalgie de la terre de leurs ancêtres, ils prenaient une posture face à l'océan et ils disaient, chantaient I'M BLUE ! Et finalement tout CELA construit une espèce de  palindrome dans ma tête alors j'appelle mon Chat par le prénom palindromique de Radar, ou plutôt RAAAdAAAr (les trois A c'est tout une autre histoire ! Peut-être à vous racontez une autre fois ?), mais son nom de famille c'est Palindrome. RAAAdAAAr Palindrome écrit donc des chroniques musicales puisqu' il vit, aime vivre dans un environnement musical et il arrive que parfois afin  d'exprimer la vérité des choses qu'il sait et qu'il ressent, pour s'amuser et amuser ceux de la galerie (souterraine bien-sûr !), il le raconte à l'envers son ressenti comme par exemple affirmer qu'Elvis Presley était une femme, une Pelvis en fait. CELA renvois aussi à l'idée d'un romantisme du siècle 19 qui ne serait pas terminé aujourd'hui et bien loin d'être là terminé mais non dit et qu'il faut énoncer peut-être, non ? puisqu'il ne se résume plus à la question du "Qui suis-je ? Où Vais-je ? Dans quel état j'erre ?" mais au siècle 21, je pense même déjà dés le milieu du siècle 20, à la question du "Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Dans quel état errons nous ?" Tout CELA est au final de nos jours plus que romantique,  en somme surromantique ; quand j'ai ressenti CELA en moi j'ai commencé en janvier/février 2009 à écrire des textes que je qualifie surromantiqueBLEUNUIT ,  le premier se nommait Passages dans un souterrain à la Dostoïewski puis quand j'y repense à ces 4 questions, je n'ai le désir de faire qu'une seule réponse, reprendre la phrase qu'aimait utiliser mon Camarade quand il répondait à une personne qui était dans le dénie de réalité "VA À LOURDE !"



Votre question, pour moi, n'était pas simple mais j'ai essayé d'y répondre le plus simplement possible mais en fait ça ne m'a pas était facile.

PASSAGES DANS UN SOUTERRAIN À LA DOSTOÏEWSKI - extraits.
À Jeannine Hayat.

Dans le puit de nos vies, dans la vie de nos nuits, dans le puits de la vie de nos nuits, dans le puits de nos nuits qu'à nouveau il se montre, l'Ours chimérique, lui qui a escorté nos enfances à présents trop ensablées.
Enfin ! Qu'il réapparaisse, l'Ours fidèle ! Ô, mères, aux creux de vos nuits de tendresses impétueuses, CELA m'a tantôt été révélé de par le travers des épines de nos insomnies...

...Dans la nuit du puits de nos vies, une vision de sur-romantismeBleuNUIT.
Nous ne sommes que de toutes, toutes petites choses perdues dans le puits de la vie. Nous ne sommes que des désirs de toutes, toutes petites choses.
Non désir est BleuNUIT.
Mon désir est : balayer la poussière de suie des rêves. La poussières de suie qui demeure sans sourire collée sur le dessous des os de l'arrière profonds de nos crânes, là, où s'accrochent des souvenirs pareils à des toiles d'araignée de fils-de-fer barbelés. Du puits de vie de nos nuits, jaillissante comme d'un souterrain à la Dostoïevski, une vision et un frisson troublant : Alosysius Bertrand et Théophile Bra apparaissent sur l'écran de l'ordinateur - sur l'image animée ils boivent des vins d'Espagne - ...

...Être Voleurs de mots, souffleur de mo(r)ts, Voleur de feu-BleuNUIT. Le Voleur de feu-BleuNUIT recommande à la poésie de salon et aux "poètes" subventionnés et autoédités de s'envoyer au diable. ALLEZ À LOURDE, TOUS ! Le voleur de feu-BleuNUIT nous offre des larmes chevilles repliées posées sur la poussière du sol sous le piano fendu pour les nids des insectes et sur le dos tout autour dessus huhulement éclairages à rebours. Ecrire ! Et au revoit les amis ! L'eau descend de l'échelle de la pluie et la rouille gagne les galaxies alors qu'un vieux fili* de porte en porte fait l'aumône. Bien heureux celles et ceux à qui l'avertissement offre du temps et savent l'écouter car sucre moisi dans les semelles de l'Humanité apporte l'heure du logos...


...Pourtant, v'lan ! À l'envers, c'est tout un soleil...

...Nous, voilà ! traversés par une troublante électricité de sur-romantismeBleuNUIT...

Janvier/février 2009
et à peine modifié le 17.12.2018.
* En Français, intraduisible. 


JANIS MARTIN - THE FEMALE ELVIS - Complete Recordings 1956-60.

Et vlan ! Le 11 mai 1956, Janis Martin qui a déjà , le 8 mars de la même année, enregistré 4 titres pour un e.p 45 tours, récidive, non pas cette fois ci à Nashville mais à New York, et c'est à nouveau 4 rock'n'roll's qui démontrent bien qu'à la fin des fins la vérité de cette foutue musique n'est qu'une affaire d'enfantement de foutues cow-girls qui en ont une sacrée paire dans le futal et avec Janis Martin l'expression si elle en avait on l'appellerait mon oncle n'a plus lieu d'avoir lieu. Comme à propos d'Elvis Presley le dirait à son adjoint le commissaire Van der Weyden " Carpentier ! C'est un clown !" et Carpentier rétorque "Non ! Un clone. Un clone, commissaire." Bref ! Si vous n'avez pas compris en lisant ces lignes que les fans d'Elvis Presley au lieu d'aller en pèlerinage à Graceland ferait mieux d'aller à Lourde demander pardon pour avoir dépenser autant d'argent pour se vouer au culte d'un usurpateur qui était au plus qu'un bon chanteur de gospel pour pied tendre et certainement pas à cause de quelques déhanchements de son bas-ventre un authentique rocker. Le rock au final n'est pour le dernier mot qu'une histoire de femelle et ce n'est pas Dick Rivers qui devrait le contre dire puisque son la traduction de son nom d'artiste c'est pour les navires la Tête de Bites que l'on dit une bite et non pas un bite ; et oui ! Si vous ne comprenez pas CELA alors ALLEZ À LOURDE !

p.s : preuve irréfutable ! Le 11 mai 1956, Janis Martin enregistre Little-Bit. 

RAAAdaRRR, ch'caùt dechl'Edzyhr.


samedi 5 janvier 2019

Entretien paru dans Le Littéraire, le 5 janvier 2019.


Souffleur de mots, passeur de vies : entretien avec Christian-Edziré Déquesnes (Aux robes de Rimbaud)

Pour Christian-Edziré Dequesnes la poé­sie s’écrit comme elle se dit : dans un souffle. Mais pas n’importe lequel : celui qui vient de Rim­baud, Dylan Tho­mas et qui a été relayé par Lou Reed, Kerouac, Jérôme Rothen­berg, Pierre Gar­nier, Dusan Matic et Ch’Vavar. Bref, chez ceux où un sens musi­cal vient malaxer, engor­ger, gêner la flui­dité facile et déréa­li­sée du sens.

Ecrire ou défendre des auteurs tient pour Déquesnes d’un enga­ge­ment “poli­tique” mais aussi phy­sique, pul­sion­nel jusqu’à décou­vrir “l’objet-même” absent de tout poème mais qui ne peut être trouvé que par lui face aux figures du monde que cet objet pul­vé­rise. La poé­sie n’est donc rien d’autre que ce peu de chose qui fait tout : “Un souffle autour de rien”, selon Rilke, “Ema­na­tions, explo­sions”, selon l’ultime Rim­baud, ou et plus pro­saï­que­ment “le péto­mane” selon Prigent.

D’où chez Déquesnes la lutte inces­sante contre l’asphyxie des langues que l’usage com­mu­nau­taire pol­lue. La poé­sie émet com­ment souffle ce souffle et l’auteur engage une course de vitesse contre la fer­me­ture sta­bi­li­sée des signi­fi­ca­tions qui ne donnent du monde que des chro­mos. Déquesnes est donc autant l’homme ins­piré par ce qui le che­ville que celui qui res­pire, qui souffle en une suite de glis­se­ments, d’ ondes et de mou­ve­ments syl­la­biques corpusculaires.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? 

Le plai­sir d’écouter un disque, d’entendre de la Musique que je ne connais pas for­cé­ment et de savoir alors que j’ai encore tant de choses extraordinaires à découvrir.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?

J’ai pu en réa­lisé beau­coup ! Je vou­lais faire comme Ulysse un long voyage et, là, depuis moins d’une année, je suis de retour à Douai qui est mon Ithaque et Péné­lope m’attendait ! À Douai, j’y suis né !? J’y habite prés de la rue de l’Abbaye des Prés, là ! Où Arthur Rim­baud chez les Mlle Gindre… Douai, là ! Où les deux Lettres du voyant pos­tées de Paris sont arri­vées… à Douai.

A quoi avez-vous renoncé ?

À conti­nuer à vivre aux côtés de Circée.

D’où venez-vous ?

Je suis né à Douai, un dimanche de ducasse popu­laire (fête foraine) et j’ai poussé dans des quar­tiers pro­lé­taires et miniers du grand douai­sie (Lambres-les-Douai, Sin-le-Noble.)

Qu’avez-vous reçu en dot ?

La Dignité d’Arthur Déquesnes mon père qui a été un Homme cou­ra­geux toute sa vie. L’Amour mal­adroit de ma mère qui été maman dévouée au foyer, le goût des livres et de la musique de par ma Grand-Mère, Made­leine, qui m’a acheté mes pre­miers bou­quins et 45 tours ; puis l’alliance de mon Grand-Père Théo, il était menui­sier, que je porte à ma main droite.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?

Décou­vrir une musique que je n’ai jamais écou­tée : “La Musique ! le reste c’est de la littérature.”/Paul Ver­laine, cela est quo­ti­dien. Moins quo­ti­dien mais le plus sou­vent pos­sible, un grand plai­sir, mes cinq petits enfants.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres écri­vains ?

Que je ne suis pas un écri­vain. Je suis, je crois, un souf­fleur de mots, un pas­seur de mo®ts ; enfin je me res­sens de la sorte.

Com­ment définiriez-vous votre approche du tra­vail d’animateur de revue ?

Trans­mettre ! Je fais de “pauvres” pério­diques pour trans­mettre les mots, des tra­vaux et les émo­tions de per­sonnes connues, d’autres moins ou peu connues, puis cer­taines incon­nues mais qui me touchent par leur pro­fonde humanité.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?

La force du Cap Gris-Nez entre Calais et Boulogne-sur-Mer.

Et votre pre­mière lec­ture ?

Mes pre­mières vraies lec­tures, trois livres dans des col­lec­tions jeu­nesse que m’a offert Mémé Made­leine, L’Iliade, L’Odyssée et Les Che­va­liers de La Table Ronde. Des épo­pées ! Puis quelques années plus tard, en cm2, par le biais d’un ins­ti­tu­teur, Mon­sieur Caf­fiaux, Les Effa­rés d’Arthur Rim­baud — alors là ! Même si je n’ai pas tout com­pris tout de suite… J’ai tout lu ! Et vite !

Quelles musiques écoutez-vous ?

En ce moment, un très vieux 33 tours de Swett Emma Bar­rett ” Sweet Emma The Bell Gal & Her New Orleans Jazz Band Heri­tage HALL. J’écoute vrai­ment un maxi­mum de Musiques et vrai­ment tous les styles. Chez moi, il y a des disques par­tout et dans toutes les pièces , plus que des livres pour­tant j’ai énor­mé­ment de bou­quins ! Mais ce que j’écoute vrai­ment le plus c’est du blues, le vieux blues ! C’est à cause d’Arno, Arno Hint­jens le fla­mand bleu d’Ostende, que j’ai ren­con­tré en 1981 et que je vois encore. Il m’a dit d’écouter Willie Dixon… depuis je suis Blues et c’est devenu une pas­sion.
Les plus grand blues­men sont vrai­ment des poètes d’un “genre” nou­veau… J’adore Skip James, Hound Dog Tay­lor et bien sûr Arno qui est avant toute chose un blues­man. Il y a aussi les fabu­leuses chan­sons de Kon­rad Schmitt de la “constel­la­tion” Ivar Ch’Vavar mais Kon­rad Schmitt n’a même pas conscience qu’il est blues­man, entre autres car il a écrit aussi et peint mais il ne fait plus rien depuis presque 40 ans envi­ron mais il existe, il est veilleur de nuit !? J’ai édité Pages Choi­sies de lui.


Quel est le livre que vous aimez relire ?

Un beau et grand livre que j’ai perdu, on me l’a emprunté mais jamais rendu :  “Contes et légendes des Indiens d’ Amé­rique du Nord” mais depuis 20 ans je me console en reli­sant “Les tech­ni­ciens du sacré” de Jérôme Rothenberg.
Suite à l'entretien réalisé par Jean-Paul Gavard-Perret
de Ch-Edziré Déquesnes, le livre perdu, il a 40ans !
a été retrouvé cette nuit par une lectrice. 
I.N.C.R.O.Y.A.B.L.E ! 

Quel film vous fait pleu­rer ?

“Une cer­taine ren­contre” de Robert Mul­li­gan avec Natha­lie Wood et Steve McQueen. J’ai une pas­sion pour Steve McQueen et pour son extra­or­di­naire sens du silence à l’écran.


Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?

Un gamin, enfant de Gayant*, qui est devenu vieux avec une barbe, des joues creu­sées et un regard que Péné­lope adore.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

À per­sonne ! Quand j’ai écris à Ivar Ch’Vavar, il m’a répondu et très vite on est devenu ami. Pierre Gar­nier m’a écrit avant que je lui écrive et Jean-Jacques Bur­nel de The Stran­glers (j’adore ce groupe) m’a envoyé une carte pos­tale que je conserve pré­cieu­se­ment. J’ai écris à Michel Pol­na­reff (le tout pre­mier chan­teur que j’ai adoré, Ah ! Le bal des Lazes !) et il m’a répondu par une simple mais belle lettre (j’étais encore un gamin). Arno, je n’ai jamais eu besoin de lui écrire ! CELA c’est passé en direct… de la main à la main et c’est comme avec John Cale, de même que Lou Reed j’ai un livre, The Raven d’Edgar Alan Poe, signé par lui. Là, je désire écrire à Emma­nuel Macron et je crois que je vais oser !

S’il y a un Homme a qui je désire vrai­ment écrire, c’est Pete Town­hend de The WHO ! Car j’estime que sur les plans aussi bien musi­caux que des textes de ses chan­sons, il est génial. MY GENERATION est une chan­son de jeu­nesse pure­ment extra­or­di­naire ! Il n’y a qu’Arthur Rim­baud qui aurait pu écrire une telle mer­veille !


Puis il y a un autre Homme dont je désire avoir adresse pour lui écrire per­son­nel­le­ment c’est Bruno Dumont ; son oeuvre ciné­ma­to­gra­phique, c’est de la grande lit­té­ra­ture sacrée et Mary­line Ali­gner dans son livre L’animalité et la grâce en moins de 130 pages nous met  dans cette évi­dence du sacré de l’écriture de Bruno Dumont.
En livres de che­vet, je pos­séde les scripts/dialogues des films La vie de Jésus, L’Humanité et P’tit Quin­quin, j’en relis sou­vent des pas­sages et CELA me secoue tou­jours autant. Hors Satan est mon film pré­féré de Bruno Dumont et je rêve d’avoir le script/dialogues en livre… Oui, je désire écrire à Bruno Dumont.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

La ville, c’est Car­diff ! Les lieux la baie & le petite cime­tière à cause de Dylan Tho­mas. En Flandre bbelge, il y a prés de Ypres un petit cime­tière où reposent deux poètes, Hedd Wyn le Gal­lois & Fran­cis Led­widge l’Irlandais, ils sont morts tous les deux le même jour de juillet, durant la der des ders, au court de l’offensive de la ter­rible bataille qui n’a servi à rien ! de La Val­lée des Pas­sions. Ils ne se connais­saient pas et se retrouvent qua­si­ment enter­rés l’un à côté de l’autre. Je vais sou­vent me recueillir là car ils me trans­mettent de la Force.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?

Lou Reed me “parle” beau­coup car c’était un sacré voyeur/voyant.


Dylan Tho­mas de par sa nou­velle “Le bébé qui crie” me touche énor­mé­ment et son poème “Dans mon métier, mon art morose” je me dis à chaque relec­ture que c’est exac­te­ment pour CELA que j’écris, idem quand je relis “Don­nez moi” du poète Serbo-Croate Dusan Matic. Sinon Ivar Ch’Vavar est pour moi un père spi­ri­tuel et Arno un grand frère et je suis proche d’eux, j’en mesure la chance.
Je me sens proche aussi du Jack Kerouac de Big Sur, son meilleur roman pour moi, et de lui j’adore son livre post­hume de poé­sie Dharma. Enfin, à chaque fois que je relis le polar, mais est-ce un polar ? Dans la brume élec­trique avec les morts confé­dé­rés de James Lee Burke, je me sens proche de ce der­nier et pour­quoi ? Je n’en sais fou­tre­ment rien mais ce polar et pour moi un roman arthu­rien et tel­le­ment épique. Chez James Lee Burke, les des­crip­tions des pay­sages phy­siques et psy­chiques, c’est comme chez Vic­tor Hugo. Ah ! Les Misé­rables

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?


Mon livre perdu : “Contes & indiens d’Amérique”.

Que défendez-vous ?


Mes fils et mes petits enfants. L’enfance d’une manière générale.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

J’en ai fait l’expérience et j’en conclus que Lacan en disant ça ne dit RIEN ! Ce genre d’assertion vrai­ment énon­cée à l’emporte-pièce et sans preuve, c’est le propre d’ailleurs de l’assertion, que l’on soit Lacan ou un autre c’est pure­ment de la “dé-pensée” ou popu­lai­re­ment de ” la bran­lette intel­lec­tuelle” qui ne repose sur rien d’empirique et, ce qu’il me semble, jamais Freud ne c’est per­mis mais je ne suis pas un spé­cia­liste de ce genre que le bon sens popu­laire désigne comme de l’imbécilité et encore je demeure poli. Arthur m’a donné une cer­taine édu­ca­tion prag­ma­tique et pleine de bon sens.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“

Qu’en d’autres termes, c’est une réci­dive de la ques­tion que vous m’avez posée pré­cé­dem­ment — donc vous connais­sez ma réponse.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?

Celle que vous m’avez pas, avec conscience ou non, jus­te­ment posée et qu’il convient peut-être de consi­dé­rer comme un acte man­qué !?  Peut-être, pour­quoi je suis passé de Christian Jacques Désiré à Christian-Edziré… et encore pour­quoi la G.P.M ? La Grande Picar­die Mentale.


*Gayant signifiez Géant en picard.

Entre­tien et pré­sen­ta­tion réa­li­sés par jean-Paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 29 décembre 2018.