dimanche 6 janvier 2019

DIX MOI - 2. VA À LOURDE ! Tel un palindrome dans un surromantique souterrain bleu nuit à la Dostoiewski.


- Vous écrivez dans plusieurs blogs sur les musiques (blues, rock, folk, jazz...), la poésie, le mail art, et même votre chat, RAAAdaRRR, a sa propre chronique musicale complètement délirante... D'où vous vient cette "gourmandise" pour la culture populaire, la "sous-culture" ? Que représente -t-elle pour vous ? 

- J'avoue que je comprend assez mal une partie de la question et même si je perçois, je pense, le terrain sur lequel vous désirez m'emmener. Ce que je ne comprend pas dans la formulation c'est pourquoi associer culture populaire, au passage y aurait-il des cultures impopulaires ? et sous-culture (j'enlève les guillemets volontairement !) ? Si je me réfère à la sociologie contemporaine, l'anthropologie et aux études culturelles (Cultural Studies), une sous-culture — ou subculture, terme plus positif — est une culture (revendiquée, cachée, souterraine) partagée par un groupe d'individus, se différenciant ainsi des cultures plus largement dominantes (dites improprement « mainstream") auxquelles ils appartiennent ; hors le blues, le rock, le folk, le jazz, la poésie, pas le mail-art j'en conviens, RAAAdaRRR laissons le côté pour l'instant, sont bien désormais des arts populaires même si au départ ils étaient Subculturels, j'opte plutôt pour cette formulation plutôt que de dire sous-culture. Cette gourmandise, pour reprendre votre jolie expression, parce que je crois que je suis très curieux de comprendre les choses, pour ne pas ou plutôt ne plus les subir, hors pour comprendre les choses il faut y aller voir à la source et toutes les sources de vie sont sous terre ou sous quelque chose, non ? Et les sources pour moi représentent la vérité, voir les vérités. Pour faire concret un exemple : le rock, je suis rock au départ ! et je veux comprendre pourquoi alors j'y voir à la source et je découvre que Toute la musique que j'aime vient du blues puis au passage moi qui ne suis pas jazz, dés lors je découvre aussi que le jazz vient du blues, bien-sûr je me met à le comprendre  ce blues et à l'aimer aussi sous toutes ces formes et l'une des conséquences et que je me met aussi à comprendre, aimer et écouter du jazz puisque  des portes se sont ouvertes. Comme je suis tellement ouvert et curieux que je veux savoir en corps car j'ai soif et que je veux connaître les origines du blues, j'en arrive à la source musicale africaine des peuples noirs immigrés des Amériques mais aussi au folk des autres immigrés des peuples blancs européens et à leurs Musiques folkloriques notamment celles des irlandais, plus particulièrement aux superbes mélodies de leurs chansons traditionnelles puis ce qui est fort c'est que je découvre que lorsqu'ils avaient la nostalgie de la terre de leurs ancêtres, ils prenaient une posture face à l'océan et ils disaient, chantaient I'M BLUE ! Et finalement tout CELA construit une espèce de  palindrome dans ma tête alors j'appelle mon Chat par le prénom palindromique de Radar, ou plutôt RAAAdAAAr (les trois A c'est tout une autre histoire ! Peut-être à vous racontez une autre fois ?), mais son nom de famille c'est Palindrome. RAAAdAAAr Palindrome écrit donc des chroniques musicales puisqu' il vit, aime vivre dans un environnement musical et il arrive que parfois afin  d'exprimer la vérité des choses qu'il sait et qu'il ressent, pour s'amuser et amuser ceux de la galerie (souterraine bien-sûr !), il le raconte à l'envers son ressenti comme par exemple affirmer qu'Elvis Presley était une femme, une Pelvis en fait. CELA renvois aussi à l'idée d'un romantisme du siècle 19 qui ne serait pas terminé aujourd'hui et bien loin d'être là terminé mais non dit et qu'il faut énoncer peut-être, non ? puisqu'il ne se résume plus à la question du "Qui suis-je ? Où Vais-je ? Dans quel état j'erre ?" mais au siècle 21, je pense même déjà dés le milieu du siècle 20, à la question du "Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Dans quel état errons nous ?" Tout CELA est au final de nos jours plus que romantique,  en somme surromantique ; quand j'ai ressenti CELA en moi j'ai commencé en janvier/février 2009 à écrire des textes que je qualifie surromantiqueBLEUNUIT ,  le premier se nommait Passages dans un souterrain à la Dostoïewski puis quand j'y repense à ces 4 questions, je n'ai le désir de faire qu'une seule réponse, reprendre la phrase qu'aimait utiliser mon Camarade quand il répondait à une personne qui était dans le dénie de réalité "VA À LOURDE !"



Votre question, pour moi, n'était pas simple mais j'ai essayé d'y répondre le plus simplement possible mais en fait ça ne m'a pas était facile.

PASSAGES DANS UN SOUTERRAIN À LA DOSTOÏEWSKI - extraits.
À Jeannine Hayat.

Dans le puit de nos vies, dans la vie de nos nuits, dans le puits de la vie de nos nuits, dans le puits de nos nuits qu'à nouveau il se montre, l'Ours chimérique, lui qui a escorté nos enfances à présents trop ensablées.
Enfin ! Qu'il réapparaisse, l'Ours fidèle ! Ô, mères, aux creux de vos nuits de tendresses impétueuses, CELA m'a tantôt été révélé de par le travers des épines de nos insomnies...

...Dans la nuit du puits de nos vies, une vision de sur-romantismeBleuNUIT.
Nous ne sommes que de toutes, toutes petites choses perdues dans le puits de la vie. Nous ne sommes que des désirs de toutes, toutes petites choses.
Non désir est BleuNUIT.
Mon désir est : balayer la poussière de suie des rêves. La poussières de suie qui demeure sans sourire collée sur le dessous des os de l'arrière profonds de nos crânes, là, où s'accrochent des souvenirs pareils à des toiles d'araignée de fils-de-fer barbelés. Du puits de vie de nos nuits, jaillissante comme d'un souterrain à la Dostoïevski, une vision et un frisson troublant : Alosysius Bertrand et Théophile Bra apparaissent sur l'écran de l'ordinateur - sur l'image animée ils boivent des vins d'Espagne - ...

...Être Voleurs de mots, souffleur de mo(r)ts, Voleur de feu-BleuNUIT. Le Voleur de feu-BleuNUIT recommande à la poésie de salon et aux "poètes" subventionnés et autoédités de s'envoyer au diable. ALLEZ À LOURDE, TOUS ! Le voleur de feu-BleuNUIT nous offre des larmes chevilles repliées posées sur la poussière du sol sous le piano fendu pour les nids des insectes et sur le dos tout autour dessus huhulement éclairages à rebours. Ecrire ! Et au revoit les amis ! L'eau descend de l'échelle de la pluie et la rouille gagne les galaxies alors qu'un vieux fili* de porte en porte fait l'aumône. Bien heureux celles et ceux à qui l'avertissement offre du temps et savent l'écouter car sucre moisi dans les semelles de l'Humanité apporte l'heure du logos...


...Pourtant, v'lan ! À l'envers, c'est tout un soleil...

...Nous, voilà ! traversés par une troublante électricité de sur-romantismeBleuNUIT...

Janvier/février 2009
et à peine modifié le 17.12.2018.
* En Français, intraduisible. 


JANIS MARTIN - THE FEMALE ELVIS - Complete Recordings 1956-60.

Et vlan ! Le 11 mai 1956, Janis Martin qui a déjà , le 8 mars de la même année, enregistré 4 titres pour un e.p 45 tours, récidive, non pas cette fois ci à Nashville mais à New York, et c'est à nouveau 4 rock'n'roll's qui démontrent bien qu'à la fin des fins la vérité de cette foutue musique n'est qu'une affaire d'enfantement de foutues cow-girls qui en ont une sacrée paire dans le futal et avec Janis Martin l'expression si elle en avait on l'appellerait mon oncle n'a plus lieu d'avoir lieu. Comme à propos d'Elvis Presley le dirait à son adjoint le commissaire Van der Weyden " Carpentier ! C'est un clown !" et Carpentier rétorque "Non ! Un clone. Un clone, commissaire." Bref ! Si vous n'avez pas compris en lisant ces lignes que les fans d'Elvis Presley au lieu d'aller en pèlerinage à Graceland ferait mieux d'aller à Lourde demander pardon pour avoir dépenser autant d'argent pour se vouer au culte d'un usurpateur qui était au plus qu'un bon chanteur de gospel pour pied tendre et certainement pas à cause de quelques déhanchements de son bas-ventre un authentique rocker. Le rock au final n'est pour le dernier mot qu'une histoire de femelle et ce n'est pas Dick Rivers qui devrait le contre dire puisque son la traduction de son nom d'artiste c'est pour les navires la Tête de Bites que l'on dit une bite et non pas un bite ; et oui ! Si vous ne comprenez pas CELA alors ALLEZ À LOURDE !

p.s : preuve irréfutable ! Le 11 mai 1956, Janis Martin enregistre Little-Bit. 

RAAAdaRRR, ch'caùt dechl'Edzyhr.


samedi 5 janvier 2019

Entretien paru dans Le Littéraire, le 5 janvier 2019.


Souffleur de mots, passeur de vies : entretien avec Christian-Edziré Déquesnes (Aux robes de Rimbaud)

Pour Christian-Edziré Dequesnes la poé­sie s’écrit comme elle se dit : dans un souffle. Mais pas n’importe lequel : celui qui vient de Rim­baud, Dylan Tho­mas et qui a été relayé par Lou Reed, Kerouac, Jérôme Rothen­berg, Pierre Gar­nier, Dusan Matic et Ch’Vavar. Bref, chez ceux où un sens musi­cal vient malaxer, engor­ger, gêner la flui­dité facile et déréa­li­sée du sens.

Ecrire ou défendre des auteurs tient pour Déquesnes d’un enga­ge­ment “poli­tique” mais aussi phy­sique, pul­sion­nel jusqu’à décou­vrir “l’objet-même” absent de tout poème mais qui ne peut être trouvé que par lui face aux figures du monde que cet objet pul­vé­rise. La poé­sie n’est donc rien d’autre que ce peu de chose qui fait tout : “Un souffle autour de rien”, selon Rilke, “Ema­na­tions, explo­sions”, selon l’ultime Rim­baud, ou et plus pro­saï­que­ment “le péto­mane” selon Prigent.

D’où chez Déquesnes la lutte inces­sante contre l’asphyxie des langues que l’usage com­mu­nau­taire pol­lue. La poé­sie émet com­ment souffle ce souffle et l’auteur engage une course de vitesse contre la fer­me­ture sta­bi­li­sée des signi­fi­ca­tions qui ne donnent du monde que des chro­mos. Déquesnes est donc autant l’homme ins­piré par ce qui le che­ville que celui qui res­pire, qui souffle en une suite de glis­se­ments, d’ ondes et de mou­ve­ments syl­la­biques corpusculaires.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? 

Le plai­sir d’écouter un disque, d’entendre de la Musique que je ne connais pas for­cé­ment et de savoir alors que j’ai encore tant de choses extraordinaires à découvrir.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?

J’ai pu en réa­lisé beau­coup ! Je vou­lais faire comme Ulysse un long voyage et, là, depuis moins d’une année, je suis de retour à Douai qui est mon Ithaque et Péné­lope m’attendait ! À Douai, j’y suis né !? J’y habite prés de la rue de l’Abbaye des Prés, là ! Où Arthur Rim­baud chez les Mlle Gindre… Douai, là ! Où les deux Lettres du voyant pos­tées de Paris sont arri­vées… à Douai.

A quoi avez-vous renoncé ?

À conti­nuer à vivre aux côtés de Circée.

D’où venez-vous ?

Je suis né à Douai, un dimanche de ducasse popu­laire (fête foraine) et j’ai poussé dans des quar­tiers pro­lé­taires et miniers du grand douai­sie (Lambres-les-Douai, Sin-le-Noble.)

Qu’avez-vous reçu en dot ?

La Dignité d’Arthur Déquesnes mon père qui a été un Homme cou­ra­geux toute sa vie. L’Amour mal­adroit de ma mère qui été maman dévouée au foyer, le goût des livres et de la musique de par ma Grand-Mère, Made­leine, qui m’a acheté mes pre­miers bou­quins et 45 tours ; puis l’alliance de mon Grand-Père Théo, il était menui­sier, que je porte à ma main droite.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?

Décou­vrir une musique que je n’ai jamais écou­tée : “La Musique ! le reste c’est de la littérature.”/Paul Ver­laine, cela est quo­ti­dien. Moins quo­ti­dien mais le plus sou­vent pos­sible, un grand plai­sir, mes cinq petits enfants.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres écri­vains ?

Que je ne suis pas un écri­vain. Je suis, je crois, un souf­fleur de mots, un pas­seur de mo®ts ; enfin je me res­sens de la sorte.

Com­ment définiriez-vous votre approche du tra­vail d’animateur de revue ?

Trans­mettre ! Je fais de “pauvres” pério­diques pour trans­mettre les mots, des tra­vaux et les émo­tions de per­sonnes connues, d’autres moins ou peu connues, puis cer­taines incon­nues mais qui me touchent par leur pro­fonde humanité.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?

La force du Cap Gris-Nez entre Calais et Boulogne-sur-Mer.

Et votre pre­mière lec­ture ?

Mes pre­mières vraies lec­tures, trois livres dans des col­lec­tions jeu­nesse que m’a offert Mémé Made­leine, L’Iliade, L’Odyssée et Les Che­va­liers de La Table Ronde. Des épo­pées ! Puis quelques années plus tard, en cm2, par le biais d’un ins­ti­tu­teur, Mon­sieur Caf­fiaux, Les Effa­rés d’Arthur Rim­baud — alors là ! Même si je n’ai pas tout com­pris tout de suite… J’ai tout lu ! Et vite !

Quelles musiques écoutez-vous ?

En ce moment, un très vieux 33 tours de Swett Emma Bar­rett ” Sweet Emma The Bell Gal & Her New Orleans Jazz Band Heri­tage HALL. J’écoute vrai­ment un maxi­mum de Musiques et vrai­ment tous les styles. Chez moi, il y a des disques par­tout et dans toutes les pièces , plus que des livres pour­tant j’ai énor­mé­ment de bou­quins ! Mais ce que j’écoute vrai­ment le plus c’est du blues, le vieux blues ! C’est à cause d’Arno, Arno Hint­jens le fla­mand bleu d’Ostende, que j’ai ren­con­tré en 1981 et que je vois encore. Il m’a dit d’écouter Willie Dixon… depuis je suis Blues et c’est devenu une pas­sion.
Les plus grand blues­men sont vrai­ment des poètes d’un “genre” nou­veau… J’adore Skip James, Hound Dog Tay­lor et bien sûr Arno qui est avant toute chose un blues­man. Il y a aussi les fabu­leuses chan­sons de Kon­rad Schmitt de la “constel­la­tion” Ivar Ch’Vavar mais Kon­rad Schmitt n’a même pas conscience qu’il est blues­man, entre autres car il a écrit aussi et peint mais il ne fait plus rien depuis presque 40 ans envi­ron mais il existe, il est veilleur de nuit !? J’ai édité Pages Choi­sies de lui.


Quel est le livre que vous aimez relire ?

Un beau et grand livre que j’ai perdu, on me l’a emprunté mais jamais rendu :  “Contes et légendes des Indiens d’ Amé­rique du Nord” mais depuis 20 ans je me console en reli­sant “Les tech­ni­ciens du sacré” de Jérôme Rothenberg.
Suite à l'entretien réalisé par Jean-Paul Gavard-Perret
de Ch-Edziré Déquesnes, le livre perdu, il a 40ans !
a été retrouvé cette nuit par une lectrice. 
I.N.C.R.O.Y.A.B.L.E ! 

Quel film vous fait pleu­rer ?

“Une cer­taine ren­contre” de Robert Mul­li­gan avec Natha­lie Wood et Steve McQueen. J’ai une pas­sion pour Steve McQueen et pour son extra­or­di­naire sens du silence à l’écran.


Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?

Un gamin, enfant de Gayant*, qui est devenu vieux avec une barbe, des joues creu­sées et un regard que Péné­lope adore.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

À per­sonne ! Quand j’ai écris à Ivar Ch’Vavar, il m’a répondu et très vite on est devenu ami. Pierre Gar­nier m’a écrit avant que je lui écrive et Jean-Jacques Bur­nel de The Stran­glers (j’adore ce groupe) m’a envoyé une carte pos­tale que je conserve pré­cieu­se­ment. J’ai écris à Michel Pol­na­reff (le tout pre­mier chan­teur que j’ai adoré, Ah ! Le bal des Lazes !) et il m’a répondu par une simple mais belle lettre (j’étais encore un gamin). Arno, je n’ai jamais eu besoin de lui écrire ! CELA c’est passé en direct… de la main à la main et c’est comme avec John Cale, de même que Lou Reed j’ai un livre, The Raven d’Edgar Alan Poe, signé par lui. Là, je désire écrire à Emma­nuel Macron et je crois que je vais oser !

S’il y a un Homme a qui je désire vrai­ment écrire, c’est Pete Town­hend de The WHO ! Car j’estime que sur les plans aussi bien musi­caux que des textes de ses chan­sons, il est génial. MY GENERATION est une chan­son de jeu­nesse pure­ment extra­or­di­naire ! Il n’y a qu’Arthur Rim­baud qui aurait pu écrire une telle mer­veille !


Puis il y a un autre Homme dont je désire avoir adresse pour lui écrire per­son­nel­le­ment c’est Bruno Dumont ; son oeuvre ciné­ma­to­gra­phique, c’est de la grande lit­té­ra­ture sacrée et Mary­line Ali­gner dans son livre L’animalité et la grâce en moins de 130 pages nous met  dans cette évi­dence du sacré de l’écriture de Bruno Dumont.
En livres de che­vet, je pos­séde les scripts/dialogues des films La vie de Jésus, L’Humanité et P’tit Quin­quin, j’en relis sou­vent des pas­sages et CELA me secoue tou­jours autant. Hors Satan est mon film pré­féré de Bruno Dumont et je rêve d’avoir le script/dialogues en livre… Oui, je désire écrire à Bruno Dumont.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

La ville, c’est Car­diff ! Les lieux la baie & le petite cime­tière à cause de Dylan Tho­mas. En Flandre bbelge, il y a prés de Ypres un petit cime­tière où reposent deux poètes, Hedd Wyn le Gal­lois & Fran­cis Led­widge l’Irlandais, ils sont morts tous les deux le même jour de juillet, durant la der des ders, au court de l’offensive de la ter­rible bataille qui n’a servi à rien ! de La Val­lée des Pas­sions. Ils ne se connais­saient pas et se retrouvent qua­si­ment enter­rés l’un à côté de l’autre. Je vais sou­vent me recueillir là car ils me trans­mettent de la Force.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?

Lou Reed me “parle” beau­coup car c’était un sacré voyeur/voyant.


Dylan Tho­mas de par sa nou­velle “Le bébé qui crie” me touche énor­mé­ment et son poème “Dans mon métier, mon art morose” je me dis à chaque relec­ture que c’est exac­te­ment pour CELA que j’écris, idem quand je relis “Don­nez moi” du poète Serbo-Croate Dusan Matic. Sinon Ivar Ch’Vavar est pour moi un père spi­ri­tuel et Arno un grand frère et je suis proche d’eux, j’en mesure la chance.
Je me sens proche aussi du Jack Kerouac de Big Sur, son meilleur roman pour moi, et de lui j’adore son livre post­hume de poé­sie Dharma. Enfin, à chaque fois que je relis le polar, mais est-ce un polar ? Dans la brume élec­trique avec les morts confé­dé­rés de James Lee Burke, je me sens proche de ce der­nier et pour­quoi ? Je n’en sais fou­tre­ment rien mais ce polar et pour moi un roman arthu­rien et tel­le­ment épique. Chez James Lee Burke, les des­crip­tions des pay­sages phy­siques et psy­chiques, c’est comme chez Vic­tor Hugo. Ah ! Les Misé­rables

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?


Mon livre perdu : “Contes & indiens d’Amérique”.

Que défendez-vous ?


Mes fils et mes petits enfants. L’enfance d’une manière générale.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

J’en ai fait l’expérience et j’en conclus que Lacan en disant ça ne dit RIEN ! Ce genre d’assertion vrai­ment énon­cée à l’emporte-pièce et sans preuve, c’est le propre d’ailleurs de l’assertion, que l’on soit Lacan ou un autre c’est pure­ment de la “dé-pensée” ou popu­lai­re­ment de ” la bran­lette intel­lec­tuelle” qui ne repose sur rien d’empirique et, ce qu’il me semble, jamais Freud ne c’est per­mis mais je ne suis pas un spé­cia­liste de ce genre que le bon sens popu­laire désigne comme de l’imbécilité et encore je demeure poli. Arthur m’a donné une cer­taine édu­ca­tion prag­ma­tique et pleine de bon sens.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“

Qu’en d’autres termes, c’est une réci­dive de la ques­tion que vous m’avez posée pré­cé­dem­ment — donc vous connais­sez ma réponse.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?

Celle que vous m’avez pas, avec conscience ou non, jus­te­ment posée et qu’il convient peut-être de consi­dé­rer comme un acte man­qué !?  Peut-être, pour­quoi je suis passé de Christian Jacques Désiré à Christian-Edziré… et encore pour­quoi la G.P.M ? La Grande Picar­die Mentale.


*Gayant signifiez Géant en picard.

Entre­tien et pré­sen­ta­tion réa­li­sés par jean-Paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 29 décembre 2018.

vendredi 4 janvier 2019

DIX MOI - 1. La mise en orbite.



- Toi qui était éducateur de rue, pourquoi t'es-tu orienté vers l'écriture, la musique ? À moins que ça faisait déjà partie de ta vie ?

- J'ai pris la décision d'être éducateur avant mes 17 ans et à 18 ans j'ai commencé les études pour mais j'étais déjà en plein dans la musique depuis ma pré-adolescence parce que chez ma Grand-Mére maternelle, Madeleine, il y avait un électrophone, des 45 tours yéyés et même un 25 cm de The Spotnicks que j'ai adoré écouter en mimant les solos de guitares debout sur le canapé devant mes cousines ; c'est là en somme que j'ai été mis sur orbite. Puis très vite j'ai flashé sur Michel Polnareff quand il a surgit du poste radio avec Sous quelle étoile suis-je né ?


...mais avant j'avais déjà craqué pour Françoise Hardy et bien sûr Jacques Dutronc dont mon cousin Francis qui était plus âgé que moi, achetait tous les 45 tours... Mémé Madeleine c'est mise à m'acheter tous les 45 tours de Michel Polnareff, à condition d'avoir un beau bulletin scolaire... Avant elle m'achetait déjà des livres car j'étais nul en grammaire et en orthographe mais j'aimais déjà beaucoup lire. Mes premiers vrais livres ont été dans une collection pour la jeunesse : l'Iliade & l'Odyssée, Les chevaliers de la Table Ronde et un grand livre aussi Contes & légendes des Indiens d'Amérique du Nord, un sacré beau livre ! Ensuite en cm2, j'ai un vieil instituteur, Monsieur Caffiaux, qui nous a lu Les Effarés d'Arthur Rimbaud et il nous a expliqué que nous avions bien de la chance puisque chez nous, même si nos parents étaient de modestes ouvriers, il y avait du pain tous les jours sur la table pour les enfants et cela grâce au travail des pères. Cela m'a marqué et je n'ai jamais pu oublié Arthur Rimbaud, ni Monsieur Caffiaux. Je suis issus d'une famille de prolétaire du Nord de la France...  Puis, un jour, sur la ducasse, fête foraine chez nous, de Sin-le-Noble, aux auto-tamponneuses, j'ai découvert MY GENERATION de The WHO...


...alors je suis devenu "rock" dans ma tête et il m'a fallu le disque avec la chanson  qui était parues depuis déjà quelques années et qui n'était déjà plus disponible en 45 tours, alors avec mon argent de poche, j'ai économisé pour acheter mon premier 33 tours . Mon premier groupe rock ce n'est pas The Beatles ou The Rolling Stones que  j'avais déjà entendu  , c'est The WHO et je considère que Pete Townshend, le guitariste auteur-compositeur, du groupe est un génie ! Puis à la même époque, en colonie de vacances dans le Jura, par le biais d'un 33 tours qu'en boucles écoutait toujours un moniteur, j'ai découvert Bob Dylan via le grand disque Hugues Auffray chante Bob Dylan et ce moniteur, son surnom c'était Bob ! autour des feux de camps avec sa guitare il chantait Bob Dylan, il m'a conseillé aussi de lire Jack Kerouac. J'ai craqué d'abord pour 3 titres La mort d'Hattie Carroll, La fille du Nord et surtout Cauchemar psychomoteur...

Là, où je suis né et où j'ai grandi dés
16, 17 ans durant les vacances d'été, on devait travailler un mois. Alors à 17 ans, j'ai postulé et j'ai été moniteur de centre aéré avec un peu en mémoire l'exemple de Bob le moniteur du Jura. Dans le groupe de garçons que j'ai encadré, il y avait le p'tit Jean Pierre, un gamin d'un milieu très pauvre mais très, très pauvre ! C'est là que j'ai décidé d'être éducateur. Jean Pierre, il me faisait penser à Gavroche car j'avais déjà lu les Misérables de Victor Hugo. J'étais nul de chez nul en orthographe et grammaire pourtant j'avais toujours les meilleurs notes en rédaction. Puis j'écrivais, je tenais un journal et je griffonnais parfois des poèmes et je lisais énormément Jack Kerouac, John Steinbeck, Issac Assimov et Philip K. Dick. La cerise sur le gâteau c'est quand j'ai découvert The Velvet Underground et Lou Reed en achetant un double 33 tours soldés pour 3 fois rien, dans le super marché du quartier des Epis de Sin-le-Noble Mammouth aujourd'hui c'est Auchan ; alors LÀ ! La vendeuse si vous aviez vu son visage effrayé quand je suis passé à la caisse pour payer.

Extrait de SAUF DIMANCHES & JOURS DE FÊTES - 2001 aux éditions Sansonnet et sous 
le pseudonyme de Victoire Perdrot, avec une préface de Didier Daeninck. Il a été tiré 2001 exemplaires pour l'usage du Comité d'Etablissement Régional SNCF Nord - Pas-de-Calais.



     La lourde petite porte de la maison d'arrêt se referme derrière moi. Je revois la grosse tête ébouriffée de Steven Chicon*.

     Toujours ce visage d'enfant, ces grands yeux bleus brillants qui semblent vouloir tout bouffer de la vie. Pareils, identiques, comme à l'époque de ses quinze ans.



     C'était un temps d'il y a plus de quinze ans : temps des centres aérés municipaux. Aucun moniteur ne voulait de Ch'Ticon* - c'est ainsi que tout le monde le surnommait - dans son groupe. Ch'Ticon trop téméraire, trop incontrôlable et bagarreur, avec en prime des poux plein sa noire tignasse crépu... Alos j'ai fini par proposer que l'on tente de l'intégrer au mien de groupe.

     Au début ils se sont vraiment bien payé ma tête, tous les ancien monos. Forts de leur expérience, ne m'épargnant aucun commentaire...

- N'importe quoi ! En rien de temps, avec Chicon, tu vas te faire manger.

-C'est un clown, une crapule terrible. Il n'y a rien de bon à tirer de ce jeune voyou-là.

-Il va mettre une rude pagaille dans ton groupe.


     Moi, novice (c'était ma première expérience), j'avais l'arrogance de vouloir accueillir le Pouilleux - second surnom de Ch'Ticon que tout le monde utilisait mais jamais en sa présence ! - que la direction envisageait d'exclure du centre aéré, faute d'animateurs volontaires, expérimentés, diplômés et compétents. Naïvement je proposai une nouvelle chance pour Steven. Cela n'a guère facilité mon intégration dans le cercle de ces animateurs fantoches plus préoccupés à se faire valoir aux yeux des minettes-monitrices, qu'à encadrer véritablement des gamins qu'on leur confiait.
     Discrètement, le premier jour de l'arrivée de Steven dans mon groupe je lui propose, s'il accepte, quand il le veut, demain, dans une semaine, quinze jour, voir jamais... que l'on s'occupe de son problème de poux.

     Les années passant, habitant le même faubourg, même si c'était toujours par hasard, Steven et moi on avait plaisir à se revoir...

*Chicon en picard signifie Endive.