samedi 5 janvier 2019

Entretien paru dans Le Littéraire, le 5 janvier 2019.


Souffleur de mots, passeur de vies : entretien avec Christian-Edziré Déquesnes (Aux robes de Rimbaud)

Pour Christian-Edziré Dequesnes la poé­sie s’écrit comme elle se dit : dans un souffle. Mais pas n’importe lequel : celui qui vient de Rim­baud, Dylan Tho­mas et qui a été relayé par Lou Reed, Kerouac, Jérôme Rothen­berg, Pierre Gar­nier, Dusan Matic et Ch’Vavar. Bref, chez ceux où un sens musi­cal vient malaxer, engor­ger, gêner la flui­dité facile et déréa­li­sée du sens.

Ecrire ou défendre des auteurs tient pour Déquesnes d’un enga­ge­ment “poli­tique” mais aussi phy­sique, pul­sion­nel jusqu’à décou­vrir “l’objet-même” absent de tout poème mais qui ne peut être trouvé que par lui face aux figures du monde que cet objet pul­vé­rise. La poé­sie n’est donc rien d’autre que ce peu de chose qui fait tout : “Un souffle autour de rien”, selon Rilke, “Ema­na­tions, explo­sions”, selon l’ultime Rim­baud, ou et plus pro­saï­que­ment “le péto­mane” selon Prigent.

D’où chez Déquesnes la lutte inces­sante contre l’asphyxie des langues que l’usage com­mu­nau­taire pol­lue. La poé­sie émet com­ment souffle ce souffle et l’auteur engage une course de vitesse contre la fer­me­ture sta­bi­li­sée des signi­fi­ca­tions qui ne donnent du monde que des chro­mos. Déquesnes est donc autant l’homme ins­piré par ce qui le che­ville que celui qui res­pire, qui souffle en une suite de glis­se­ments, d’ ondes et de mou­ve­ments syl­la­biques corpusculaires.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? 

Le plai­sir d’écouter un disque, d’entendre de la Musique que je ne connais pas for­cé­ment et de savoir alors que j’ai encore tant de choses extraordinaires à découvrir.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?

J’ai pu en réa­lisé beau­coup ! Je vou­lais faire comme Ulysse un long voyage et, là, depuis moins d’une année, je suis de retour à Douai qui est mon Ithaque et Péné­lope m’attendait ! À Douai, j’y suis né !? J’y habite prés de la rue de l’Abbaye des Prés, là ! Où Arthur Rim­baud chez les Mlle Gindre… Douai, là ! Où les deux Lettres du voyant pos­tées de Paris sont arri­vées… à Douai.

A quoi avez-vous renoncé ?

À conti­nuer à vivre aux côtés de Circée.

D’où venez-vous ?

Je suis né à Douai, un dimanche de ducasse popu­laire (fête foraine) et j’ai poussé dans des quar­tiers pro­lé­taires et miniers du grand douai­sie (Lambres-les-Douai, Sin-le-Noble.)

Qu’avez-vous reçu en dot ?

La Dignité d’Arthur Déquesnes mon père qui a été un Homme cou­ra­geux toute sa vie. L’Amour mal­adroit de ma mère qui été maman dévouée au foyer, le goût des livres et de la musique de par ma Grand-Mère, Made­leine, qui m’a acheté mes pre­miers bou­quins et 45 tours ; puis l’alliance de mon Grand-Père Théo, il était menui­sier, que je porte à ma main droite.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?

Décou­vrir une musique que je n’ai jamais écou­tée : “La Musique ! le reste c’est de la littérature.”/Paul Ver­laine, cela est quo­ti­dien. Moins quo­ti­dien mais le plus sou­vent pos­sible, un grand plai­sir, mes cinq petits enfants.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres écri­vains ?

Que je ne suis pas un écri­vain. Je suis, je crois, un souf­fleur de mots, un pas­seur de mo®ts ; enfin je me res­sens de la sorte.

Com­ment définiriez-vous votre approche du tra­vail d’animateur de revue ?

Trans­mettre ! Je fais de “pauvres” pério­diques pour trans­mettre les mots, des tra­vaux et les émo­tions de per­sonnes connues, d’autres moins ou peu connues, puis cer­taines incon­nues mais qui me touchent par leur pro­fonde humanité.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?

La force du Cap Gris-Nez entre Calais et Boulogne-sur-Mer.

Et votre pre­mière lec­ture ?

Mes pre­mières vraies lec­tures, trois livres dans des col­lec­tions jeu­nesse que m’a offert Mémé Made­leine, L’Iliade, L’Odyssée et Les Che­va­liers de La Table Ronde. Des épo­pées ! Puis quelques années plus tard, en cm2, par le biais d’un ins­ti­tu­teur, Mon­sieur Caf­fiaux, Les Effa­rés d’Arthur Rim­baud — alors là ! Même si je n’ai pas tout com­pris tout de suite… J’ai tout lu ! Et vite !

Quelles musiques écoutez-vous ?

En ce moment, un très vieux 33 tours de Swett Emma Bar­rett ” Sweet Emma The Bell Gal & Her New Orleans Jazz Band Heri­tage HALL. J’écoute vrai­ment un maxi­mum de Musiques et vrai­ment tous les styles. Chez moi, il y a des disques par­tout et dans toutes les pièces , plus que des livres pour­tant j’ai énor­mé­ment de bou­quins ! Mais ce que j’écoute vrai­ment le plus c’est du blues, le vieux blues ! C’est à cause d’Arno, Arno Hint­jens le fla­mand bleu d’Ostende, que j’ai ren­con­tré en 1981 et que je vois encore. Il m’a dit d’écouter Willie Dixon… depuis je suis Blues et c’est devenu une pas­sion.
Les plus grand blues­men sont vrai­ment des poètes d’un “genre” nou­veau… J’adore Skip James, Hound Dog Tay­lor et bien sûr Arno qui est avant toute chose un blues­man. Il y a aussi les fabu­leuses chan­sons de Kon­rad Schmitt de la “constel­la­tion” Ivar Ch’Vavar mais Kon­rad Schmitt n’a même pas conscience qu’il est blues­man, entre autres car il a écrit aussi et peint mais il ne fait plus rien depuis presque 40 ans envi­ron mais il existe, il est veilleur de nuit !? J’ai édité Pages Choi­sies de lui.


Quel est le livre que vous aimez relire ?

Un beau et grand livre que j’ai perdu, on me l’a emprunté mais jamais rendu :  “Contes et légendes des Indiens d’ Amé­rique du Nord” mais depuis 20 ans je me console en reli­sant “Les tech­ni­ciens du sacré” de Jérôme Rothenberg.
Suite à l'entretien réalisé par Jean-Paul Gavard-Perret
de Ch-Edziré Déquesnes, le livre perdu, il a 40ans !
a été retrouvé cette nuit par une lectrice. 
I.N.C.R.O.Y.A.B.L.E ! 

Quel film vous fait pleu­rer ?

“Une cer­taine ren­contre” de Robert Mul­li­gan avec Natha­lie Wood et Steve McQueen. J’ai une pas­sion pour Steve McQueen et pour son extra­or­di­naire sens du silence à l’écran.


Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?

Un gamin, enfant de Gayant*, qui est devenu vieux avec une barbe, des joues creu­sées et un regard que Péné­lope adore.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

À per­sonne ! Quand j’ai écris à Ivar Ch’Vavar, il m’a répondu et très vite on est devenu ami. Pierre Gar­nier m’a écrit avant que je lui écrive et Jean-Jacques Bur­nel de The Stran­glers (j’adore ce groupe) m’a envoyé une carte pos­tale que je conserve pré­cieu­se­ment. J’ai écris à Michel Pol­na­reff (le tout pre­mier chan­teur que j’ai adoré, Ah ! Le bal des Lazes !) et il m’a répondu par une simple mais belle lettre (j’étais encore un gamin). Arno, je n’ai jamais eu besoin de lui écrire ! CELA c’est passé en direct… de la main à la main et c’est comme avec John Cale, de même que Lou Reed j’ai un livre, The Raven d’Edgar Alan Poe, signé par lui. Là, je désire écrire à Emma­nuel Macron et je crois que je vais oser !

S’il y a un Homme a qui je désire vrai­ment écrire, c’est Pete Town­hend de The WHO ! Car j’estime que sur les plans aussi bien musi­caux que des textes de ses chan­sons, il est génial. MY GENERATION est une chan­son de jeu­nesse pure­ment extra­or­di­naire ! Il n’y a qu’Arthur Rim­baud qui aurait pu écrire une telle mer­veille !


Puis il y a un autre Homme dont je désire avoir adresse pour lui écrire per­son­nel­le­ment c’est Bruno Dumont ; son oeuvre ciné­ma­to­gra­phique, c’est de la grande lit­té­ra­ture sacrée et Mary­line Ali­gner dans son livre L’animalité et la grâce en moins de 130 pages nous met  dans cette évi­dence du sacré de l’écriture de Bruno Dumont.
En livres de che­vet, je pos­séde les scripts/dialogues des films La vie de Jésus, L’Humanité et P’tit Quin­quin, j’en relis sou­vent des pas­sages et CELA me secoue tou­jours autant. Hors Satan est mon film pré­féré de Bruno Dumont et je rêve d’avoir le script/dialogues en livre… Oui, je désire écrire à Bruno Dumont.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

La ville, c’est Car­diff ! Les lieux la baie & le petite cime­tière à cause de Dylan Tho­mas. En Flandre bbelge, il y a prés de Ypres un petit cime­tière où reposent deux poètes, Hedd Wyn le Gal­lois & Fran­cis Led­widge l’Irlandais, ils sont morts tous les deux le même jour de juillet, durant la der des ders, au court de l’offensive de la ter­rible bataille qui n’a servi à rien ! de La Val­lée des Pas­sions. Ils ne se connais­saient pas et se retrouvent qua­si­ment enter­rés l’un à côté de l’autre. Je vais sou­vent me recueillir là car ils me trans­mettent de la Force.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?

Lou Reed me “parle” beau­coup car c’était un sacré voyeur/voyant.


Dylan Tho­mas de par sa nou­velle “Le bébé qui crie” me touche énor­mé­ment et son poème “Dans mon métier, mon art morose” je me dis à chaque relec­ture que c’est exac­te­ment pour CELA que j’écris, idem quand je relis “Don­nez moi” du poète Serbo-Croate Dusan Matic. Sinon Ivar Ch’Vavar est pour moi un père spi­ri­tuel et Arno un grand frère et je suis proche d’eux, j’en mesure la chance.
Je me sens proche aussi du Jack Kerouac de Big Sur, son meilleur roman pour moi, et de lui j’adore son livre post­hume de poé­sie Dharma. Enfin, à chaque fois que je relis le polar, mais est-ce un polar ? Dans la brume élec­trique avec les morts confé­dé­rés de James Lee Burke, je me sens proche de ce der­nier et pour­quoi ? Je n’en sais fou­tre­ment rien mais ce polar et pour moi un roman arthu­rien et tel­le­ment épique. Chez James Lee Burke, les des­crip­tions des pay­sages phy­siques et psy­chiques, c’est comme chez Vic­tor Hugo. Ah ! Les Misé­rables

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?


Mon livre perdu : “Contes & indiens d’Amérique”.

Que défendez-vous ?


Mes fils et mes petits enfants. L’enfance d’une manière générale.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

J’en ai fait l’expérience et j’en conclus que Lacan en disant ça ne dit RIEN ! Ce genre d’assertion vrai­ment énon­cée à l’emporte-pièce et sans preuve, c’est le propre d’ailleurs de l’assertion, que l’on soit Lacan ou un autre c’est pure­ment de la “dé-pensée” ou popu­lai­re­ment de ” la bran­lette intel­lec­tuelle” qui ne repose sur rien d’empirique et, ce qu’il me semble, jamais Freud ne c’est per­mis mais je ne suis pas un spé­cia­liste de ce genre que le bon sens popu­laire désigne comme de l’imbécilité et encore je demeure poli. Arthur m’a donné une cer­taine édu­ca­tion prag­ma­tique et pleine de bon sens.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“

Qu’en d’autres termes, c’est une réci­dive de la ques­tion que vous m’avez posée pré­cé­dem­ment — donc vous connais­sez ma réponse.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?

Celle que vous m’avez pas, avec conscience ou non, jus­te­ment posée et qu’il convient peut-être de consi­dé­rer comme un acte man­qué !?  Peut-être, pour­quoi je suis passé de Christian Jacques Désiré à Christian-Edziré… et encore pour­quoi la G.P.M ? La Grande Picar­die Mentale.


*Gayant signifiez Géant en picard.

Entre­tien et pré­sen­ta­tion réa­li­sés par jean-Paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 29 décembre 2018.

vendredi 4 janvier 2019

DIX MOI - 1. La mise en orbite.



- Toi qui était éducateur de rue, pourquoi t'es-tu orienté vers l'écriture, la musique ? À moins que ça faisait déjà partie de ta vie ?

- J'ai pris la décision d'être éducateur avant mes 17 ans et à 18 ans j'ai commencé les études pour mais j'étais déjà en plein dans la musique depuis ma pré-adolescence parce que chez ma Grand-Mére maternelle, Madeleine, il y avait un électrophone, des 45 tours yéyés et même un 25 cm de The Spotnicks que j'ai adoré écouter en mimant les solos de guitares debout sur le canapé devant mes cousines ; c'est là en somme que j'ai été mis sur orbite. Puis très vite j'ai flashé sur Michel Polnareff quand il a surgit du poste radio avec Sous quelle étoile suis-je né ?


...mais avant j'avais déjà craqué pour Françoise Hardy et bien sûr Jacques Dutronc dont mon cousin Francis qui était plus âgé que moi, achetait tous les 45 tours... Mémé Madeleine c'est mise à m'acheter tous les 45 tours de Michel Polnareff, à condition d'avoir un beau bulletin scolaire... Avant elle m'achetait déjà des livres car j'étais nul en grammaire et en orthographe mais j'aimais déjà beaucoup lire. Mes premiers vrais livres ont été dans une collection pour la jeunesse : l'Iliade & l'Odyssée, Les chevaliers de la Table Ronde et un grand livre aussi Contes & légendes des Indiens d'Amérique du Nord, un sacré beau livre ! Ensuite en cm2, j'ai un vieil instituteur, Monsieur Caffiaux, qui nous a lu Les Effarés d'Arthur Rimbaud et il nous a expliqué que nous avions bien de la chance puisque chez nous, même si nos parents étaient de modestes ouvriers, il y avait du pain tous les jours sur la table pour les enfants et cela grâce au travail des pères. Cela m'a marqué et je n'ai jamais pu oublié Arthur Rimbaud, ni Monsieur Caffiaux. Je suis issus d'une famille de prolétaire du Nord de la France...  Puis, un jour, sur la ducasse, fête foraine chez nous, de Sin-le-Noble, aux auto-tamponneuses, j'ai découvert MY GENERATION de The WHO...


...alors je suis devenu "rock" dans ma tête et il m'a fallu le disque avec la chanson  qui était parues depuis déjà quelques années et qui n'était déjà plus disponible en 45 tours, alors avec mon argent de poche, j'ai économisé pour acheter mon premier 33 tours . Mon premier groupe rock ce n'est pas The Beatles ou The Rolling Stones que  j'avais déjà entendu  , c'est The WHO et je considère que Pete Townshend, le guitariste auteur-compositeur, du groupe est un génie ! Puis à la même époque, en colonie de vacances dans le Jura, par le biais d'un 33 tours qu'en boucles écoutait toujours un moniteur, j'ai découvert Bob Dylan via le grand disque Hugues Auffray chante Bob Dylan et ce moniteur, son surnom c'était Bob ! autour des feux de camps avec sa guitare il chantait Bob Dylan, il m'a conseillé aussi de lire Jack Kerouac. J'ai craqué d'abord pour 3 titres La mort d'Hattie Carroll, La fille du Nord et surtout Cauchemar psychomoteur...

Là, où je suis né et où j'ai grandi dés
16, 17 ans durant les vacances d'été, on devait travailler un mois. Alors à 17 ans, j'ai postulé et j'ai été moniteur de centre aéré avec un peu en mémoire l'exemple de Bob le moniteur du Jura. Dans le groupe de garçons que j'ai encadré, il y avait le p'tit Jean Pierre, un gamin d'un milieu très pauvre mais très, très pauvre ! C'est là que j'ai décidé d'être éducateur. Jean Pierre, il me faisait penser à Gavroche car j'avais déjà lu les Misérables de Victor Hugo. J'étais nul de chez nul en orthographe et grammaire pourtant j'avais toujours les meilleurs notes en rédaction. Puis j'écrivais, je tenais un journal et je griffonnais parfois des poèmes et je lisais énormément Jack Kerouac, John Steinbeck, Issac Assimov et Philip K. Dick. La cerise sur le gâteau c'est quand j'ai découvert The Velvet Underground et Lou Reed en achetant un double 33 tours soldés pour 3 fois rien, dans le super marché du quartier des Epis de Sin-le-Noble Mammouth aujourd'hui c'est Auchan ; alors LÀ ! La vendeuse si vous aviez vu son visage effrayé quand je suis passé à la caisse pour payer.

Extrait de SAUF DIMANCHES & JOURS DE FÊTES - 2001 aux éditions Sansonnet et sous 
le pseudonyme de Victoire Perdrot, avec une préface de Didier Daeninck. Il a été tiré 2001 exemplaires pour l'usage du Comité d'Etablissement Régional SNCF Nord - Pas-de-Calais.



     La lourde petite porte de la maison d'arrêt se referme derrière moi. Je revois la grosse tête ébouriffée de Steven Chicon*.

     Toujours ce visage d'enfant, ces grands yeux bleus brillants qui semblent vouloir tout bouffer de la vie. Pareils, identiques, comme à l'époque de ses quinze ans.



     C'était un temps d'il y a plus de quinze ans : temps des centres aérés municipaux. Aucun moniteur ne voulait de Ch'Ticon* - c'est ainsi que tout le monde le surnommait - dans son groupe. Ch'Ticon trop téméraire, trop incontrôlable et bagarreur, avec en prime des poux plein sa noire tignasse crépu... Alos j'ai fini par proposer que l'on tente de l'intégrer au mien de groupe.

     Au début ils se sont vraiment bien payé ma tête, tous les ancien monos. Forts de leur expérience, ne m'épargnant aucun commentaire...

- N'importe quoi ! En rien de temps, avec Chicon, tu vas te faire manger.

-C'est un clown, une crapule terrible. Il n'y a rien de bon à tirer de ce jeune voyou-là.

-Il va mettre une rude pagaille dans ton groupe.


     Moi, novice (c'était ma première expérience), j'avais l'arrogance de vouloir accueillir le Pouilleux - second surnom de Ch'Ticon que tout le monde utilisait mais jamais en sa présence ! - que la direction envisageait d'exclure du centre aéré, faute d'animateurs volontaires, expérimentés, diplômés et compétents. Naïvement je proposai une nouvelle chance pour Steven. Cela n'a guère facilité mon intégration dans le cercle de ces animateurs fantoches plus préoccupés à se faire valoir aux yeux des minettes-monitrices, qu'à encadrer véritablement des gamins qu'on leur confiait.
     Discrètement, le premier jour de l'arrivée de Steven dans mon groupe je lui propose, s'il accepte, quand il le veut, demain, dans une semaine, quinze jour, voir jamais... que l'on s'occupe de son problème de poux.

     Les années passant, habitant le même faubourg, même si c'était toujours par hasard, Steven et moi on avait plaisir à se revoir...

*Chicon en picard signifie Endive.



samedi 22 décembre 2018

LES NOUVEAUX CHANTS DU MABIGONI - Première saison-Feinal 1 & 1 bis


Final premier

D'après foto (1)

Por Fideline Hayure.

...Ech preume avi:ache, por mi, i étot chti dech déssévrache.
J'aù vizé ch'd'bout edvaint ch'keminchint.
Ell absinche qu'ale varot...
In-n àrwétache d'amoer doreu, chaù.

Déssaqué ed cheule lète à Picardia.

À Fideline Hayure.

Ch't'ènne nuit qu'a s'éfreunme su ché'p plaje ed Bércq.
E'c crèpe ed chés neu.ache ale é trous.
Ch'ét'p pied de'm mér.
Fideline Hayure étanpie din 'n' longhe bache
Qu'ech sabe insatchè d'ioe marine i n' peut point 'd dijéré.
Juss laù, point gramint épavoedabes, ed'z émiolètes.
Ech lu i bache, bayant coére in molét d'tenp pi d'éspache
 À l'onpe ed ché'j jonne fènme
Ed l'ioe, du sabe, du ciel, du solé,
A's s'ingarne din ch'touyache ed couleurs
Débalache d'àrflets aquouatiques, célèsses pi minérals,
Ch'vint i foét virolé ës' longhe cavlure catènnhe.
In cach'col bleu à sin co,
As' sàre sés thiots points fort din lé poches dê s'cazaque in cuir marron
Qu'a ll'aù raboutonnèe d'in baù squ'in hoet.
I'n'foét mie si coed qu'chaù.
Sin cotron noér mi-couiche, chés baù-colants foncés qu'i li sont assoertis,
Dés longhës grosse cochètes grises
Qu'i àrtchè't' in fronches sàrèes su l'hoet dë zz'égvilhes
Pi chés groùs souyés rouches, tout ye:iches,
I fini't ed bayé à ch'b bieule
Enne oera tout gris, inmourable.


Point à-rien i n'peut ll'àrtënir.
Dés mioles i lù-invol't', in grichon i m'travérse touzoute.
Fideline a'p passe ed l'oete cotè.
Là-baù.
Pu lon, ch'ét laù qu'ale' vaù.


Innsécanmint pu tard -
Ivar ch'Vavar, su ch'mur d-ou qu'chès licé.ins d'Bércq
I lù-z assi't' pour atènne ech carabanc,
I àrlève su chés piéres chés nouvios grafitis :


"Jessica, pute des hangars"

"Mon amour,
je ferai couler ton sang
Là où tu as fait couler mes larmes;"

"Blouson beige je t'aime."

(Proùbabe eque ché'f fihle qu'ale aù écrit chaù, a n'connoé pon coére el nom dech fiu)

(Traduit en picard bercquois avec l'aide d'Ivar ch'Vavar.)

Traduction : D'après photo (1)/Version originale française.

C'est une nuit qui s'ouvre sur la plage de Berck.
La crête des nuages est rousse.
C'est marée basse.
Fideline Hayure, droite dans une longue flaque
Que le sable gorgé d'eau marine ne peut digérer.
Proches, guère effarouchées, des mouettes.
La lumière s'amenuise, offrant encore un peu de temps, d'espace
À l'ombre de la jeune femme.
De l'eau, du sable, du ciel, du soleil,
Elle glisse dans les couleurs mêlées.
Débauche de reflets aquatiques, célestes et minéraux,
Le vent fait tournoyer ses longs cheveux châtains.
Une écharpe bleue autour du cou,
Elle serre fort ses petits poings au fond des poches de sa veste de cuir marron
Qu'elle a boutonnée de bas en haut.
Il ne fait pas très chaud.
La jupe noire mi-cuisse, les collants sombres assortis,
De longues et épaisses chaussettes grises
Qui chutent en plis serrés sur le haut des chevilles
Et les gros godillots roux, détrempés,
Achèvent de donner à la belle
Une aura grise et définitive.

Rien ne peut la retenir
Un envol de mouettes, un frisson me traverse de part en part.
Fideline passe de l'autre côté.
Là-bas, c'est là qu'elle va.

Beaucoup plus tard,
Ivar ch'Vavar, à l'endroit où les lycéens s'assoient pour attendre le bus,
Relève sur le muret du phare les derniers graffitis : 

"Jessica, pute des hangars."

"Mon amour
Je ferai couler ton sang
Là où tu as fait couler mes larmes."

"Blouson beige je t'aime."

(Il est probable que la fille qui a écrit CELA ne connaît pas encore le nom du garçon.)


D'après photo (2)

À Quine de Quin.

En un retour de l'autre côté qui s'offre au-delà de la plage.
Ici ! Quine, face au va-et-vient de la marée descendantes,
Fixant la ligne de l'horizon, droite, elle sourit à la mer.
Elle sourit à la mer enceinte de l'immensité de l'univers
Et de l'harmonie déployée à la béatitude du paysage
Des nuages de la grande porte du ciel ouvert...
C'EST UNE CELEBRATION !... à la puissance de l'Amour.

CELA descend des voûtes translucides
Qui couronnent l'escalier du carillon céleste
Des saintes lumières du sacré.

Le chat sait les invisibles mouettes qui annoncent...
Le chat tourne
et il retourne affectueusement la tête vers le Fidéle ;
Il le nommera RAAAdaRRR...
- Lui qui désire ne plus être pris comme au piège
... : Quin.

Agitant ses oreilles, RAAAdaRRR hume.
Il hume d'aise d'aise la rencontre déployée déjà ailleurs.
RAAAdaRRR sait... Quine, si Louve , en corps bientôt Musique
Et nul ne peut plus jurer des couleurs véritable du chat.
- En cet instant intemporel lui seul voit...
Quin ne connaît plus son nom,
Ignore ce jour ou il nommera la Louve : Quine
Mais la plage, la mer, les cieux
Et le chat... et toutes les mouettes
Sont aux énergies conjuguées en devenir
Au sacre de l'Amour de l'infinie bienveillance de leurs prières.

lundi 10 décembre 2018

LES NOUVEAUX CHANTS DU MABIGONI - Saison 1 - chant 8.


- LEUWAROU,
Ch'Draùgoù Rouje de Jacques Cauda. -
Tot- i két, brémints

[...]vaillants, arthuriens, leurs couleurs déchirées par la grenaille déroulées
sous les panaches désordonnés de fumées, avec, sur leur visage, cette lumière
fatale qui vous remettait en mémoire que la bataille n'est jamais vraiment
terminée, que nous ne sommes jamais tout à fait maîtres du terrain".
James Lee Burke.

(Ch'é-t insin, elle éxistinche... to-t i kér !)
In n-y'aù des brokes-ed-né qu'i pind't'
Wè, pi i nn'aù core ed'z oetes,
3Vénus" mérnue canfourot nzou s'cazake in minou
Malapate, j'aù pon su déloyé l'fremure."

La baù, ed to't pairtout, pi por toudi
I n-y' aù dès vièlhes lainghes ed dévièes
Vlaù Clotide qu'ale dit, qu'ale cante
"N'cachéz nié, més garchons ! To't i két !
Prindéz ech pove muscadét, n-in vlaù s : sépt botèles."
Jainluck, no's vlaù chi rindus mon chés Bèches,
Nin por no's brére pairèlh eque dés Johnnys
Alandris din ll'Otél ed chés keurs broyès
Mé por ète chanbàrdè ack ech'l Animâl,
"Ech'l égazioteu d'glènnhes". El vir ! L'àcouté !
Mon chés Béches, ech ciu i ét gri,
Gri galoé. E-pi dés pleuves qu'i kè'tt'.
À deux jnous, thiot prinche, lés bleusës bérbiètes
Ed chés rutes montannhes galoèses. To-t i ké !
All Fall Down. Fuck Off ! All Fall Down.

In Leuwarou d'Bridgend din m'pore t:ète,
L'onme-blain ed Hedd Wyn eddin mn'eul,
À ch'piè dech Mont Kemmel, in Flainde,
Ej ravisse ell évidinche d'in-hui... Ch'ét...
To's chés contoèses pairèlhes à nos tènps catéreus.
Pu mainke ! Pu mainke ! Pu mainke ! Pu mainke
To-t i két ! Du brin ! To-t i két !

Por vir à nos bayè un-n oete monne,
Pi au débout dech conbaùt, por pon à-rin,
Por toudi, coére su chés grands paturaches roujes,
Bréries, seuèees é-pi saing ed chés soudaùrts tàrtout...
Por pon rin. Pu mainke to-t i két !

Ënne jonne wanne ës' dindiféle din chés cius,
Doumoùmint vne inproùbabe intàr el bèe dech Tigre
E-pi l'marina à Swansea, "Broke" 0 Caerdydd
Su l'à-rase in pleuve din férgard -
Coère in coep j'arà tricopè Gareth Gwyn.
Por labeu ! Ën' pu avoér din s't:éte
Eque chés bleuses lièsses éto't soyeuses ed long.
À cose dech pére, obin d'in monnoncle ?
Bitaclè à l'trène din l'car innochinte.
Achteure ènne thiote Leurète ed mer ës' dindifële
Pairèlh qu'in thiot neu.aje gri to-t élangri
Edzu nos pores téris. Nos t:ères i bfè't'...
To-t i két ! Infatigabëlmint, infatigabëlmint, to-t i két !

Poème en picard en vers arithmonymes de huit.


Traduction : Tout chute, lamentation (tout doit tomber)

C'est de la sorte, l'existence... tout doit tomber!) / Il y a des hémorroïdes [choses qui dérangent] qui pendent au nez, / Oui, et il y en a encore d'autres, / Et il y a aussi des hémorroïdes au cul [celle-là, elles sont à leur place !] / "Vénus" nue pourrissait sous un manteau de fourrure. / Maladroit, je n'ai jamais pu ouvrir la fermeture." // Là-bas, de partout, pour toujours / Il y a des vieilles langues mortes. / Voilà Clothilde qui dit, qui chante / "Ne cherchez pas, garçons ! Tout doit tomber ! / Prenez ce pauvre muscadet, en voici sept bouteilles." // Jean-Luc, nous voilà maintenant arrivés chez les Belges, / Pas pour pleurer comme des Johnnys / Affaiblis, à l'Hôtel des cœurs brisés / Mais pour être chamboulés avec l'Animal, / "L'égorgeur de poule", le voir ! L'écouter ! / Chez les Belges le ciel est gris, / Gris Gallois. Et la pluie qui tombe; / À genoux, petit prince, les bleus agneaux / De ces rudes montagnes galloises. Tout doit tomber ! / All Fall Down. Fuck Off ! All Fall Down. // Un loup-garou de Bridgend dans ma pauvre tête, / Le fantôme de Heeds Wyn dans mon œil, / Au pied du Mont Kemmel, en Flandre, / Je regarde l'évidence d'aujourd'hui... c'est... / Toutes les horloges semblables à nos temps incertains. / Plus que jamais ! (quater) / Tout doit tomber ! Et merde ! Tout doit tomber ! // Pour tenter de nous offrir un autre monde, / Et, à la fin du combat, pour rien du tout, / Pour toujours encore sur ces grands pâturages rouges, / Lamentations, sueurs et sang de ces soldats... / - Pour rien du tout. plus que jamais tout doit tomber ! // Une jeune âme s'effiloche dans le ciel. / Maintenant devenu improbable entre la baie du Tigre / Et la marina de Swansea. / "Hémorroïde" à Caerdydd [Cardiff] / Sur les bord en pluie d'un trottoir, j'ai croisé Gareth Gwyn. / Pauvre hère ! Ne plus avoir en mémoire que les joies amoureuses sont éphémères. / À cause du père, ou bien d'un oncle ? / Incestueux dans la chair innocente. / Maintenant une jeune Louve de mer s'effiloche / Identique à un petit nuage fris tout étiré / Au-dessus de nos pauvres terrils. Nos terres chialent... / Tout doit tomber ! Inlassablement, Inlassablement, tout doit tomber !


Notes :

James Lee Burke : auteur important de romans noirs & policiers qui transcendent le genre. L'action se déroule toujours en Louisiane avec Dave Robichaux, le héros récurrent des romans de James Lee Burke. L'auteur recommande de lire Dans la brume électrique avec les morts confédérés. Bertrand Tavernier en a fait une très réussie adaptation cinématographique avec Tommy Lee Jones, qui tient admirablement le rôle de Dave Robichaux.

All Fall Down : en anglais signifie : tout doit s'écrouler.

Fuck Off : en anglais signifie vulgairement : Va te faire mettre !

Hedd Wyn (1887-1917) : poète gallois (Ellis Humphrey pour l'état civil britannique), né à Trawsfynydd, au nord du Pays de Galles et décédé le 31 juillet 1917, au premier jour de la funeste offensive de la bataille de Passchendaele dans les Flandres belges (près d'Ypres).

Mont Kemmel : se situe dans les Flandres intérieures belges, non loin de la ville d'Ypres.

Marina : complexe touristique construit en bord de mer.

Swansea : Grande ville portuaire du Pays de Galles (au nord-est de Cardiff). Elle se situe sur le canal de Bristol. Le poètes Dylan Thomas y passa son enfance et adolescence, et y vécu également les premières années de sa carrière littéraire.

Gareth Gwyn : personnage gallois de chanteur de pub et de rue qui apparaît dans le court roman Sauf dimanche et jours de fête, de Victoire Perdrot, pseudonyme féminin de Christian-Edziré Déquesnes.

jeudi 6 décembre 2018

LES NOUVEAUX CHANTS DU MABIGONI - Saison 1 - Chant 7.



LE BLUES DES CONVOYEURS
À Julie Ladret.
À Arthur Déquesnes, mon Père.
Ô, Francis ! Crois-moi, Francis Jolkerson, le Blues
N'est pas le chant sournois de Cythraul.
Le Blues n'est pas une Eau Maudite
Car il n'est pas mauvais, ni féroce.
Même si notre tête est comme un étron
Dans le fond noir d'un sac plastique,
Je sais qu'elle m'apporte
Du poisson frais pour mes deux doux citrons.
Voilà, c'est juste comme CELA le Blues
Rin d'puke, ch'ét foke del bleuse
Rin d'moins, ch'ét jusse ainsi laù.
Rin d'maù, ch'ét foke ëm' pri:ére.
Oyez ! Gloria Patri and Filio é-pi Spiritui Sancto
- Amen ! Ed lin in dirot du brun, ed
Pré chaù nn'ét ! Voyez ! Les convoyeurs attendent.

Ô, Roger ! crois-moi, Roger Crosez, le temps
Aux alentours de Namur est vraiment trop couvert.
Alors les convoyeurs attendent. Pigeons volent ? Pigeons libres ?
Voilà, sous la pluie et din l'bèrdoulhe,
Un vieux signaleur pour notre Paris-Roubaix.
Et - promis ! - plus jamais je ne te parle
Dëzz Amérlokes. Dans la trouée d'Arenberg
Le bluesz a dévalé sur nos épaules détrempées.
Ni mal, ni bien ; juste une échappée solitaire.

Voilà, c'est juste CELA du pauvre blues.
Por ti, ch'ét ch'ét foke min bleuse.
Rin d'miu, ch'ét jusse conme chaù.
Rin d'bin, ch'ét foke min bleuse.
Rin d'maù, ch'ét foke ëm'pri:ére.
Oyez ! Gloria Patri and Filio é-pi Spiritui Sancto
- Amen ! Ed lon in dirot du brin, ed
Pré chaù nn'ét ! Voyez ! Les convoyeurs roulent.

Ô, Miloud ! Crois-moi, Miloud Hooker, le Blues
C'est NOUS qui bataillons comme Saint Georges
Dans des zones hors normes, apocryphes. Voyants, voyeurs.
NOUS luttons, NOUS combattons. Maux, mals, mal veillant,

Mal voyant, trop voyant ? Bienveillants, tristement bien vieilissants.
La lune aux Loups est rousse. Elle hurle.
Tout s'écroule, chute sous les coups traîtres

Des certitudes des managers, sous les coups sourds
De l'autre innommable... qui déteste le Blues.
Voilà ma prière, ma Poésie livrée pour Vous !

Quèche por quèche ? Ch'ét foke min bleuse.
Quèche por quèche ? Ch'ét foke no brin.
Rin d'bin, ch'ét jusse conme chaù.
Bin à ti, ch'ét foke ëm'pri:ére.
Oyez ! Gloria Patri & Filio  é-pi Spiritui Sancto
- Amen ! Ed lin in dirot du brin, ed
Pré chaù nn'ét !... Voyez les convoyeurs reviennent.


En vers arithmonymes de huit.


Notes :

Jokeslon : nom d'un quai portuaire de Dunkerque, au bord duquel, au début des années deux mille, un vieux chalutier avait été aménagé en lieu de contre-culture (concerts, performances poétiques... ).

Cythraul : incarne le mal, le non-être, aboutissant à Anwn (l'autre monde où la jeunesse est éternelle et les nourritures abondantes) mais il peut être aussi l'équivalent de Diafwl (le diable), prince des ténèbres, en opposition à Hu Kadarn, le bon géant. Sa demeure se situe en Anwn. Il faut se souvenir qu'à l'origine, dans la mythologie gaélique, seuls existent "l'être" et le "non-être".

Gloria Patri, & Filio, & Spiritui Sancto, & Spiritui Sanctio : formule latine qui signifie Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Roger Crosez : personnage du remarquable film belge de Benoît Mariage LES CONVOYEURS ATTENDENT - 1999.

Namur : chef-lieu de la province de Namur, au sud-est de la Belgique.

Din l'bérdhoùle : signifie en picard : dans la boue.

Paris-Roubaix : course cycliste rendue célèbre par ses portions de parcours sur des pavés. Egalement surnommée "L'enfer du Nord".*

Dëzz Amérlokes : signifie en picard : de ces Américains.

Trouée d'Arenberg : nom donné à la plus éprouvante des portions pavées de l'épreuve cycliste de Paris-Roubaix. Passage qui traverse une forêt.

Miloud : en référence au héros Miloud  qui est prophète, du remarquable film CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE (1975), de Mohammed Lakndar-Hamina.



Ce Blues a été inspiré par le remarquable film de Benoît Mariage LES CONVOYEURS ATTENDENT -1999. avec Benoît Poelvoorde. Ce texte a été aussi mis en musique et interprété par le duo rock picard expérimental (2)Brokes dans la première moitié de la première décennie du siècle 21.