vendredi 5 juin 2026

De son côté, le Parti du travail de Belgique le considère comme un moyen de diversion et de division afin de freiner les luttes sociales[54]. Get woke, go broke L'expression get woke, go broke (alternativement go woke, go broke (en)), que l'on pourrait traduire par : « devenez woke, finissez fauché ») est généralement utilisée aux États-Unis pour exprimer le sentiment que les entreprises (notamment celles du secteur du divertissement) qui adhèrent au politiquement correct, ou qui cèdent aux demandes des militants pour la justice sociale en souffriront financièrement[73]. L'expression a été inventée par le romancier américain John Ringo[74]. Critiques du « mouvement woke » Ascendant moral L'écrivain conservateur britannique Douglas Murray a critiqué l'activisme moderne pour la justice sociale et les politiques woke dans son livre The Madness of Crowds: Gender, Race and Identity. Il a également fait valoir que le woke est un mouvement avec des objectifs respectables, mais qui est maintenant un terme « un peu chargé, de sorte qu'il a été beaucoup moqué ces dernières années et que beaucoup de gens eux-mêmes ne sont pas très enthousiastes à l'idée d'être décrits comme étant des woke ». Selon Douglas Murray, l'un des problèmes du mouvement woke, est qu'il « aggrave les choses en faisant croire aux gens qu'ils sont meilleurs. » Il affirme que « Beaucoup d'entre nous n'aiment pas l'antagonisation des gays contre les hétéros ou l'antagonisation des femmes contre les hommes, nous ne voulons pas que les races soient instrumentalisées les unes contre les autres »[67]. L'anti-wokisme peut se manifester par du vandalisme, comme ici à Montpellier où un arc en ciel aux couleurs LGBTQ+ a été recouvert par l'inscription « Stop Woke » par le groupuscule d'extrême droite Jeunes d'Oc[75],[76],[77]. L'ancien président des États-Unis Barack Obama a montré son opposition à la course à la pureté idéologique des personnes se revendiquant woke, qu'il juge contre-productive. Il a déclaré : « L'idée de pureté, de n'être jamais compromis et d'être toujours politiquement woke (éveillé), tous ces trucs, vous devriez en finir vite avec ça... Le monde est compliqué, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de très bonnes choses ont des défauts. Les gens avec qui vous vous battez peuvent aimer leurs enfants et même, vous savez, partager certaines choses avec vous »[trad 1],[78],[79]. Barack Obama critique également les stratégies déployées en ligne par certains militants, s'inquiétant de cette tendance woke, particulièrement au sein des campus universitaires[79] : « Il y a des gens qui pensent que pour changer les choses, il suffit de constamment juger et critiquer les autres », en l'illustrant par un exemple : « Si je publie un tweet ou un hashtag dénonçant vos mauvaises actions, ou le fait que vous avez utilisé le mauvais mot ou le mauvais verbe, et qu'ensuite je peux me détendre et être fier de moi parce que je suis super woke en vous ayant montré du doigt, ça n'est pas pour autant de l'activisme. Ce n'est pas comme ça qu'on fait changer les choses »[trad 2],[80],[81]. Obama ajoute encore : « Si vous vous contentez de jeter la pierre aux autres (sur les réseaux sociaux notamment), vous n'irez probablement pas très loin »[trad 3],[82],[81]. Pour l'anthropologue et professeur de psychiatrie Samuel Veissière, « ceux qui se revendiquent comme woke éprouvent une certaine fierté morale à percevoir de la violence partout (patriarcat, sexisme, héterosexisme, grossophobie, transphobie, etc. Le terme a selon lui maintenant acquis une connotation plus cynique pour dénoter un puritanisme hystérique dans la montée du politiquement correct) ». Il ajoute : « Cette sorte d'inconscient judiciaire ne paraît pas très enviable. Il correspond cependant à une dérive de la société dans laquelle sera portée devant les tribunaux toute forme d'expression jugée déviante et non politiquement correcte : la liberté d'expression en est la première victime »[83]. En juillet 2020, la journaliste et commentatrice australienne Rita Panahi accuse les activistes et entreprises woke d'« être obsédés par des évènements historiques survenus il y a des centaines d'années », tout en fermant les yeux sur les exemples contemporains d'esclavage et de violations des droits humains contre les Ouïghours, les dissidents politiques et les prisonniers en Chine[84]. L'écrivaine et militante Chloé Valdary a déclaré que le concept d'être woke est une « épée à double tranchant » qui peut « alerter les gens sur l'injustice systémique » tout en étant « une interprétation agressive et performative de la politique progressiste qui ne fait qu'empirer les choses »[85]. Caractère religieux Pour le philosophe et professeur émérite Jean-François Braunstein, le « projet woke » n'est ni philosophique, ni idéologique, ni même politique, mais relève du religieux extrême avec son péché originel, son credo, son inquisition, son radicalisme, ses différents textes fondateurs, apôtres, rites, dénonciations, anathèmes, blasphèmes… que l'auteur dénonce en 2022 dans son ouvrage intitulé La Religion woke[56]. Contrairement à nombre d'autres critiques, il récuse la filiation avec la French Theory « des Foucault, Derrida et Lyotard », et renvoie plutôt à une tradition puritaine américaine avec un mouvement qui s'en prendrait « radicalement à la science et aux Lumières, à l'objectivité comme à la vérité » et s'attaquerait à l'universalisme républicain au profit d'un communautarisme. §a cancel culture (de l'anglais cancel, « annuler »), aussi appelée en français culture de l'annulation ou culture de l'effacement, effacer veut exprimer, il faut le rappeler "faire disparaître", est une pratique dont la manifestation est apparue aux États-Unis au cours des années 2010, consistant à ostraciser des individus, groupes ou institutions responsables d'actes, de comportements ou de propos perçus comme inadmissibles. La cancel culture a pour préalable la call-out culture, la pratique de la dénonciation publique (de l'anglais call out, « dénoncer »). La situation de rejet de certains individus, comportements et communautés est parfois décrite comme une « tyrannie du politiquement correct ». Le phénomène de cancel culture suscite de nombreuses controverses, tant sur les réseaux sociaux que dans le monde réel.

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