mardi 20 octobre 2026

OCTOBRE SOMBRE - France 2026, éffondrements et embrassement.

IL NE SUFFIT PAS DE CROIRE. IL FAUT MAINTENANT DE DIRE TRES HAUT, POUR FAIRE BOUGER LES PIERRES - Marcel-Félix Castan, poète et philosophe occitan.
Aujourd'hui, au nom de La République, nous condamnons les factieux violents, les sauvages pilleurs, et j'écris, qu' heureusement !, il a cette indignation des peuples de la nation de France qui s'élève. Mais toutefois il me faut ajouter, exprimer : Les vitrines brisées provoquent des cris , les incendies éclaireraient soudainement nos consciences ? Nos écrans multiples débordent d'indignation ; mais où dormait-elle, cette indignation ? lorsque les salles de classe de nos écoles, colléges, lycées se vidaient lentement de leur substance républicaine ? Où était-elle lorsqu'on transmettait à nos enfants la résignation avant même de leur apprendre l'espérance ? Où était-elle lorsque l'avenir devenait des statistiques économiques et la jeunesse, les populations, des variables comptables ? Il me semble que notre époque entend mieux le bruit et le spectacle du verre qui éclate, explose, plutôt que l'expressions des existences de générations qui au quotidien se fissuraient. J'aurais aimé voir autant de larmes, d'indignation pour l'éducation nationale qui s'effondrait, que pour les vitrines qu'on remplace et dont nous allons payer collectivement les factures. J'aurais aimé autant de colère et d'indignation solidaire pour les corps meurtris, mutilés, que pour les façades dégradées, les symboles de La République enflammés, aussi autant de compassion et de mobilisations responsables, voir plus, pour les enfants de la nation de France, plutôt que pour des marchandises et de la surconsomation à gogo dévastées ; mais notre siècle possède une étrange hiérarchie des chagrins, il oublie les blessures d'un passé qui sont les causes. De décénnie en décennies, les sociètès modernes mesurent les dégâts en dénoncant les amplifications des ampleurs des aggravations ; pourtant sans en ignorer les causes profondes, elle ne prennent pas à bras le corps les résolutions et actions afin de gérer et d'aller véritablement contre ces effrondrements. Depuis des décennies, en France, la corde se tendait, des sociologues, politologues et philosophes alertaient, les professeurs témoignaient, les étudiants s'exprimaient, les parents attiraient l'attention sur des problèmes, les enfants eux-mêmes parlaient parfois, les peuples par leurs mouvements revendicatifs essayaient de faire entendre leur voix ; pourtant dans le vacarme continu du marché de la mondialisation, de l'information et du divertissement, leurs voix se perdaient comme des signaux faibles dans une machine vorace devenue incapable d'écouter, de faire preuve d'empathie. Alors, globalement, le monde de la société politique a continué son sommeil, un sommeil traversé d'écrans, de statistiques et de simulacres de liberté ; puis, hélas, lorsque surgissent enfin les flammes, chacun s'étonne, se révolte de l'incendie, comme si personne n'avait pas deviné l'odeur des incendies à venir ? comme si les ruines n'avaient pas commencé à s'entasser bien avant les premières voitures incendiées ? Peut-être que ceux que l'on juge et condamne, à juste titre, aujourd'hui, comme les factieux, les pilleurs, sont une violence visible du reflet incendiaire d'abandons multiples beaucoup plus anciens, non ? Ce qui brûle ces derniers jours d'octobre 2026 en France n'est pas seulement le mobilier urbains des villes et/ou les symbôles de La République, ce qui s'exprime avec tant de violence sous nos regards indignés, c'est les fractures et une facture, longtemps différée, c'est l'embrassement d'une époque qui, globalement, a préféré l'indifférence à la lucidité. Bien sûr, je n'exprime aucune volonté d'indulgence, dans le temps présent, envers les acteurs des actes de destructions envers la République de France, ses institutions et représentants de l'ordre ; le sujet des émeutes violentes et pillages est gravement véritable et il est à conjuré, mais l'aveuglement collectif qui l'a précédée aussi doit avec détermisation être pensé et parallélement traité. Ce que nous vivons, en France, depuis le début du mouvement des lycéens, puis désormais depuis le 17 octobre 2026, réinterpelle les valeurs fondatrices de la République française, pose les jalons de la nécessitè de repenser collectivement notre rapport à la politique, au pacte républicain, à l'appareil de production et de redistribution des richesses. - Christian-Edziré Déquesnes.